Ramadhan et microbiote: Comment le jeûne transforme notre flore intestinale

Le jeûne du Ramadhan ne transforme pas seulement le rythme des journées, il modifie aussi profondément notre fonctionnement métabolique et, plus discrètement, l’équilibre de notre microbiote intestinal. Les recherches suggèrent que, dans de nombreux cas, ces changements peuvent être bénéfiques.
Le microbiote intestinal, cet ensemble de milliards de micro-organismes qui vivent dans notre tube digestif, joue un rôle clé dans l’immunité, la régulation de l’inflammation et même le métabolisme du glucose. Or, plusieurs études menées sur des adultes en bonne santé, pendant le Ramadhan ont observé une augmentation de la diversité bactérienne au fil du mois. Cette diversité est souvent considérée comme un marqueur de bonne santé : plus l’écosystème intestinal est riche et varié, plus il est résilient.
Certaines recherches ont également noté une hausse de bactéries capables de produire des acides gras en chaîne courte, notamment le butyrate. Ces molécules sont essentielles : elles nourrissent les cellules du côlon, renforcent la barrière intestinale et contribuent à limiter les phénomènes inflammatoires. En d’autres termes, le jeûne pourrait temporairement créer un environnement propice à un microbiote plus équilibré.
Comment expliquer ces effets positifs ? Plusieurs mécanismes sont avancés. D’abord l’alternance entre période de jeûne et période d’alimentation agit comme une forme de « repos digestif ».L’absence d’apport calorique pendant plusieurs heures modifie l’environnement intestinal, notamment le pH et la disponibilité des nutriments, ce qui peut favoriser certaines populations bactériennes au détriment d’autres. Ce fonctionnement s’apparente, sur le plan biologique, à d’autres formes de jeûne intermittent étudiées en nutrition.
Ensuite, le Ramadhan entraîne souvent une réduction globale des apports caloriques chez certaines personnes, surtout lorsqu’il s’accompagne d’une prise de conscience alimentaire. Or, on sait qu’une alimentation trop riche en sucres simples, en graisses saturées et en produits ultra-transformés appauvrit la diversité du microbiote et favorise des bactéries associées à l’inflammation. En rompant temporairement avec des habitudes alimentaires excessives, le jeûne peut donc contribuer à rééquilibrer cet écosystème.
Hassina Amrouni

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