Emportée par un cancer fulgurant: Neikhla Larbi : journaliste par conviction, combattante par dignité

Elle s’appelait Neikhla Larbi, et son nom restera longtemps associé à une certaine idée du journalisme : exigeant, humain, profondément engagé. Sa disparition en ce 10 janvier 2026, laisse un vide immense dans le paysage médiatique et dans le cœur de tous ceux qui ont croisé sa route.
A 24 ans à peine, diplôme d’architecture de l’EPAU en poche, mention Très bien, l’avenir semblait tout tracé. Strasbourg l’attendait pour un DESS. Mais la vie, parfois, glisse une autre vocation sur le chemin. Une opportunité à El Watan, et Neikhla choisit l’information, le terrain, la vérité à raconter. Ce choix, elle ne l’a jamais regretté.
De septembre 1995 à décembre 2006, elle s’impose comme reporter enquêtrice, rigoureuse et courageuse, spécialisée dans le factuel national, les questions de société et les domaines techniques. Sa plume est précise, son regard acéré, toujours au service du réel. En 2006, elle prend les rêves de Vies de Villes, revue dédiée à l’architecture et à l’urbanisme, domaine qu’elle n’a jamais cessé d’aimer. De 2008 à 2010, elle est responsable de la page BIOSPHERE sur l’environnement au quotidien Liberté. Elle collabore aussi avec Solog, Archi-News, Amehnis et El Djazaïr.com, croisant sans cesse écriture journalistique et culture de l’espace.
La radio la connaît dès 1996 à Radio Bahdja, le cinéma l’effleure avec l’écriture de courts métrages. Puis vient la télévision avec son entrée à Canal Algérie pour le reportage, puis au service information de l’EPTV, où elle exercera jusqu’à ce que la maladie l’en tienne éloignée.
Mais au-delà du parcours, il y avait la femme. Passionnée de lecture, de dessin, d’aménagement intérieur, amoureuse de la voix et des textes de la diva libanaise Feyrouz. Sur les réseaux sociaux, elle écrivait comme elle vivait : avec franchise. Elle parlait beaucoup de son combat contre un cancer du sein triple négatif. Sans pathos. Sans faux-semblants. Avec une force rare. Elle l’a affronté debout, souriante, lire, refusant d’être réduite à la maladie. Elle fut un exemple de résilience face au crabe, surnom donné au cancer. Ellel’a affronté avec une force tranquille, une lucidité bouleversante et ce sourire courageux qui refusait de laisser la maladie définir la femme qu’elle était.
Neikhla croyait que le temps lui serait compté plus vite. Pourtant, elle a résisté, s’est battue, a choisi la vie chaque jour, jusqu’à son dernier souffle. Elle nous quitte trop tôt. Mais elle ne part pas en silence : elle laisse l’empreinte d’un courage indomptable, d’une dignité et d’une passion intacte. Sa voix, elle, ne s’éteint pas. Elle continue de vibrer, de déranger, d’éclairer bien au-delà de l’absence.
En cette douloureuse circonstance, l’équipe d’Esseha présente à ses enfants, sa famille et proches leurs très sincères condoléances et les prient de croire en leur soutien indéfectible. A Dieu nous appartenons, A Lui nous retournons.

Rédaction d’Esseha

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