La communauté d’endocrinologues se posent la question : Y a-t-il plus que deux types de diabète ?

Sommes-nous aux portes d’un changement d’approche thérapeutique face au diabète de type 2 ? En tout les travaux suédois et allemands, présentés au congrès de la Société Francophone du Diabète, suggèrent cette piste. Ces travaux démontrent l’existence d’une grande hétérogénéité des patients atteints de diabète de type 2. Une étape vers une médecine de précision pour à terme prescrire des traitements aux sujets les plus à risque de complication.

Les travaux ont été débattus lors d’une session intitulée « les mille visages du diabète de type 2 (DT2) » présentée lors de la 16e édition du congrès 2023 de la Société francophone du diabète (SFD) qui se déroule du 21 au 24 mars 2023 à Montpellier

Selon les auteurs de l’étude, les diabétologues perçoivent bien l’hétérogénéité de leurs malades atteints de DT2 : le mode de découverte, les types de complications…

« La communauté des endocrinologues n’est en effet pas unanime sur ce qu’est le DT2 », souligne le Pr Etienne Larger, chef du service de diabétologie de l’hôpital Cochin (Paris) lors de sa présentation à la SFD. Et ce spécialiste de citer un éditorial provocateur paru il y a déjà 10 ans, en 2013, dans la revue Lancet qui s’interrogeait sur l’existence réelle de la catégorie du DT2 (« Is type 2 diabetes a category error? »).

Il faut souligner que cette problématique d’existence de plusieurs variantes de diabète a déjà été étudiée par le passé. En 2018, le Lancet avait publié les résultats de travaux scandinaves  qui reposent sur une analyse bio-informatique de plusieurs variables comme l’âge, l’indice de masse corporelle, le dosage d’hémoglobine dite glyquée (une fraction de l’hémoglobine ayant fixé du sucre et dite HBA1c) et le calcul de différents index dits HOMA (Homeostasis Model Accessment of insuline resistance) établis à partir des valeurs de la glycémie et de l’insuline.

Les chercheurs ont ainsi pu identifier cinq clusters de patients, autant de sous-groupes possédant des profils de risques différents :

• Le cluster 1 (6% des patients) regroupe les personnes présentant une maladie détectable par la présence d’autoanticorps, soit l’équivalent d’un diabète de type 1 (DT1).

• Le cluster 2 (18%) présente le risque le plus élevé de complications tant oculaires que rénales.

• Le cluster 3 (15%) est lui plus marqué par des risques cardiovasculaires.

• Le cluster 4 (22%) est plus en lien avec l’obésité.

• Le cluster 5 (39%) concerne surtout les sujets âgés.

Synthèse : Nora S.

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