Réuni le mercredi 14 janvier 2026 sous la présidence du Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, le gouvernement a consacré une partie de ses travaux à l’examen d’un projet de décret exécutif portant sur l’ouverture de sections spéciales dans le milieu scolaire ordinaire et sur les modalités d’aménagement des conditions de participation aux examens et concours au profit des personnes à besoins spécifiques.
Ce projet s’inscrit dans une orientation stratégique visant à dépasser une approche purement administrative ou ponctuelle du handicap pour aller vers une intégration effective et structurée au sein du système éducatif national. L’objectif affiché est de permettre aux élèves concernés de poursuivre leur scolarité dans des établissements ordinaires, tout en bénéficiant de dispositifs adaptés à leurs besoins spécifiques.
La démarche repose sur une coordination intersectorielle impliquant les départements en charge de la solidarité nationale, de l’éducation nationale et de la santé. Cette synergie est présentée comme un levier essentiel pour garantir la cohérence des actions, tant sur le plan pédagogique que médical et social. Elle traduit également la volonté des pouvoirs publics de traiter la question du handicap de manière transversale, en rompant avec une logique de cloisonnement institutionnel.
Sur le plan pédagogique, le projet de décret prévoit la mise en place d’un accompagnement adapté, tenant compte des différentes formes de handicap. Cela inclut des ajustements dans les méthodes d’enseignement, l’aménagement des espaces scolaires, ainsi que l’adoption de mesures spécifiques lors des évaluations, examens et concours. Ces dispositions visent à créer un environnement d’apprentissage plus équitable, sans pour autant remettre en cause les exigences académiques.
Au-delà de l’aspect technique, ce texte traduit une lecture plus large du principe d’égalité des chances. En garantissant le droit à l’éducation et à l’enseignement sans discrimination, l’État affirme sa responsabilité dans la réduction des inégalités structurelles qui affectent les personnes à besoins spécifiques. L’enjeu n’est pas seulement l’accès à l’école, mais la possibilité réelle de réussir un parcours scolaire et de participer, à terme, à la vie sociale et professionnelle.
L’examen de ce projet intervient dans un contexte où les questions d’inclusion et de justice sociale occupent une place croissante dans les politiques publiques. Il reflète une prise de conscience progressive de la nécessité d’adapter les institutions aux citoyens, et non l’inverse. Reste désormais à observer les modalités concrètes de mise en œuvre de ces mesures, notamment en termes de moyens humains, de formation des enseignants et de suivi sur le terrain.
À travers ce projet de décret, le gouvernement semble vouloir poser les bases d’une école plus inclusive, capable de prendre en charge la diversité des profils et des parcours, tout en réaffirmant le rôle central de l’éducation comme vecteur d’égalité et de cohésion sociale.
Nouhad Ourebzani
