Entre 45 à 50 % des officines risquent de fermer bientôt leur portes, notamment dans les zones rurales, et perturber, en conséquence, la couverture médicale et médicamenteuse. La cause de ce bouleversement que craignent les pharmaciens vient de la décision de baisser les prix des médicaments sans faire fi de la stagnation des marges bénéficiaires fixées et figées depuis 1998.
Le porte-parole du syndicat national des pharmaciens Algériens agréés ( SNPAA ), invité d’esseha.dz, qui tire la sonnette d’alarme, explique que la baisse des prix des médicaments engendrera une baisse du chiffre d’affaires des officines de près de 30 %. La non majoration des marges bénéficiaires entraînera une perte sèche de l’ordre de 20 %. « Les petites et moyennes officines, notamment celles des zones rurales, ne tiendront pas le coup et les pharmaciens ne tarderont à mettre la clé sous le paillasson », prévient Samir Ouali.
Le syndicaliste précise qu’il n’est pas contre la baisse des prix des médicaments mais la non prise en compte des augmentations des charges des officines telles que les loyers, les charges fiscales et parafiscales, la cherté de la vie, l’augmentation des charges salariales, risque de pousser à la fermeture de la moitié des officines existantes et perturber ainsi, sérieusement, la couverture médicamenteuse. « Ce qui est en soit, une atteinte au droit du citoyen à l’accès au médicament garanti par la loi », souligne le porte-parole du SNPAA.
L’invité d’esseha.dz appelle le premier ministre à ouvrir avec son syndicat un canal de communication direct pour lui exposer la problématique dans sa globalité et dans le détail, et lui remettre une étude de terrain réalisée par l’instance syndicale afin de l’éclairer davantage sur les risques qu’encourent le pharmacien Algérien agréé et la carte sanitaire nationale, si des mesures idoines ne sont pas prises.
Meriem Azoune
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