L’Institut national de santé publique (INSP) a publié son rapport annuel 2025 sur la surveillance de la qualité des eaux de baignade en Algérie, dressant un état des lieux détaillé du littoral et des conditions sanitaires durant la saison estivale. Ce document met en lumière des avancées notables, tout en soulignant des défis persistants liés à la pollution et à l’aménagement des plages.
Avec plus de 1 200 kilomètres de côtes, le littoral algérien reste soumis à diverses pressions environnementales, notamment les rejets d’eaux usées et les activités industrielles. Face à ces enjeux, les autorités ont renforcé, au fil des années, les dispositifs de contrôle, appuyés par un cadre réglementaire strict et des investissements dans les stations d’épuration et les infrastructures d’assainissement.
Durant la saison estivale 2025, 618 plages ont été recensées à travers les 14 wilayas côtières du pays. Parmi elles, 461 plages ont été autorisées à la baignade, soit environ 75 % du total, contre 448 en 2024. Cette progression s’explique notamment par l’ouverture de 13 nouvelles plages après des travaux d’aménagement et d’assainissement. En revanche, 157 plages sont restées interdites, en raison soit d’une pollution microbiologique, soit de risques physiques tels que des zones rocheuses dangereuses ou un manque d’infrastructures de sécurité.
L’analyse par wilaya révèle d’importantes disparités. Les meilleures performances sont enregistrées à Jijel, Tlemcen et Mostaganem, avec des taux d’ouverture dépassant 85 %. Ces résultats s’expliquent par une faible densité industrielle et une meilleure préservation de l’environnement côtier. À l’inverse, certaines wilayas affichent des résultats plus modestes. Tizi Ouzou, par exemple, ne compte que 22 % de plages autorisées, en raison notamment de contraintes géographiques et d’un relief accidenté. Annaba présente également un taux relativement faible, tandis que les grandes agglomérations comme Alger et Oran restent confrontées à des problématiques liées aux rejets urbains.
Sur le plan sanitaire, le rapport souligne que près des trois quarts des eaux de baignade présentent une bonne qualité microbiologique. Les analyses reposent sur la détection de germes indicateurs de contamination fécale, tels que les coliformes et les streptocoques. Certaines wilayas se distinguent par une qualité excellente, tandis que d’autres affichent une qualité jugée bonne. En revanche, quelques grandes villes côtières se situent dans une catégorie acceptable, nécessitant une surveillance accrue.
Le rapport met également en évidence une évolution saisonnière de la qualité des eaux. En début d’été, notamment en juin, les eaux sont généralement propres avec une faible charge bactérienne. En revanche, les mois de juillet et août enregistrent une hausse significative de la pollution, due à l’afflux massif des estivants et à l’augmentation des températures. Cette situation entraîne parfois une dégradation temporaire de la qualité de certaines plages. Une amélioration est observée dès le mois de septembre, avec la baisse de la fréquentation et le retour des conditions naturelles favorisant l’auto-épuration des eaux.
Malgré un bilan globalement encourageant, les autorités sanitaires alertent sur les risques liés à la baignade dans des eaux de qualité insuffisante. Les pathologies recensées incluent principalement des affections cutanées, des infections ORL ainsi que des troubles gastro-intestinaux. Ces cas restent toutefois limités et généralement isolés, ce qui confirme l’efficacité relative du système de surveillance mis en place.
Le rapport conclut sur une note positive, tout en appelant à renforcer les efforts pour améliorer davantage la qualité des eaux de baignade. Parmi les recommandations figurent la lutte contre la pollution du littoral, le renforcement des contrôles en période de forte affluence et la sensibilisation des citoyens aux risques sanitaires. Les résultats de 2025 traduisent une progression notable, mais nécessitent le maintien d’une vigilance constante afin de préserver durablement la qualité des plages algériennes et garantir la sécurité des estivants.
Nouhad Ourebzani
