Le « H3N8 », présenté comme une sous-catégorie du virus de la grippe A ou grippe aviaire, « une maladie virale qui sévit chez les oiseaux et dont le taux de mortalité est très élevé chez les oiseaux d’élevage », inquiète la communauté scientifique mondiale.
Dans un communiqué publié le 11 avril dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fait état de trois premiers cas signalés chez l’Homme en Chine, dont une victime, une femme de 56 ans, décédée des suites « d’une pneumonie grave » le 16 mars 2023.
Selon l’OMS,le 27 mars 2023, la Commission nationale de la santé de la République populaire de Chine a notifié à l’OMS un cas confirmé d’infection humaine par le virus de la grippe aviaire A(H3N8). La patiente était une femme de 56 ans de la province du Guangdong dont la maladie est apparue le 22 février 2023. Elle a été hospitalisée pour une pneumonie grave le 3 mars 2023 et est décédée par la suite le 16 mars 2023.
Le cas a été détecté par le système de surveillance des infections respiratoires aiguës sévères (IRAS). Le patient avait plusieurs conditions sous-jacentes. Elle avait des antécédents d’exposition à des volailles vivantes avant l’apparition de la maladie et des antécédents de présence d’oiseaux sauvages autour de sa maison. Aucun contact étroit du cas n’a développé d’infection ou de symptômes de maladie au moment du signalement.
Des échantillons environnementaux ont été prélevés à la résidence du patient et au marché humide où le patient a passé du temps avant le début de la maladie. Les résultats des tests ont montré que les échantillons prélevés sur le marché humide étaient positifs pour la grippe A(H3).
L’organisation mondiale explique , dans son communiqué, que les infections grippales zoonotiques chez l’homme peuvent être asymptomatiques ou provoquer une maladie. Selon les facteurs liés au virus spécifique et à l’hôte infecté, la maladie peut aller de la conjonctivite ou de légers symptômes pseudo-grippaux à une maladie respiratoire aiguë sévère ou même à la mort. Des symptômes gastro-intestinaux ou neurologiques ont été signalés, mais ils sont rares.
Les cas humains d’infection par les virus de la grippe aviaire sont généralement le résultat d’une exposition directe ou indirecte à des volailles infectées vivantes ou mortes ou à des environnements contaminés.
La réponse chinoise au cas détecté
Le gouvernement chinois a pris les mesures de surveillance, de prévention et de contrôle suivantes :
- Surveillance et désinfection renforcées des abords de la résidence du patient et des zones suspectes d’exposition ;
- Activités de communication publique sur les risques pour améliorer la sensibilisation du public et l’adoption de mesures d’autoprotection.
Les virus de la grippe aviaire A(H3N8) sont couramment détectés dans le monde chez les animaux. Les virus de la grippe A(H3N8) font partie des sous-types les plus courants chez les oiseaux, causant peu ou pas de signes de maladie chez les volailles domestiques ou les oiseaux sauvages. La transmission interspécifique des virus de l’influenza aviaire A(H3N8) a été signalée pour diverses espèces de mammifères, y compris des virus endémiques chez les chiens et les chevaux.
Quels risques pour que le virus se transmette à l’Homme ?
L’OMS explique que la transmission des virus de la grippe aviaire des oiseaux à l’homme est généralement sporadique et se produit dans un contexte spécifique : la plupart des infections humaines par des virus de la grippe aviaire qui ont été signalées précédemment étaient dues à une exposition à des volailles infectées ou à des environnements contaminés. Étant donné que les virus de la grippe aviaire continuent d’être détectés dans les populations de volailles, d’autres cas humains sporadiques sont attendus à l’avenir.
Comment s’en prévenir ?
Afin de minimiser le risque d’infection, les pays doivent sensibiliser le public à l’importance d’éviter tout contact avec des environnements à haut risque tels que les marchés/fermes d’animaux vivants, la volaille vivante ou les surfaces susceptibles d’être contaminées par des excréments de volaille ou d’oiseau. Il est recommandé de maintenir une bonne hygiène des mains en se lavant fréquemment les mains ou en utilisant un désinfectant pour les mains à base d’alcool et en portant une protection respiratoire dans un environnement à risque.
Synthèse : Meriem Azoune
