“Sahtek Bin Yeddik”: Conseils du Dr Abdelkader Messadi pour mieux comprendre et prévenir le glaucome

Dans le cadre de la semaine de sensibilisation au glaucome, l’émission « Sahtek bin Yeddik » a reçu le Dr Abdelkader Messadi, qui a abordé les risques, la détection et la prise en charge de cette maladie.
« Il est important de savoir que le glaucome n’est pas une simple hypertension oculaire. Beaucoup de personnes font cette confusion, mais ce sont deux entités différentes bien que liées. Le glaucome est une maladie du nerf optique, caractérisée par une perte progressive et irréversible des fibres optiques qui le composent ».
Le Dr Messadi a expliqué que chaque individu naît avec un capital en fibres optiques et en perd naturellement 0,4 % par an. « On parle de glaucome lorsque cette perte est significative. Le premier facteur de risque est l’âge. À 50 ans, le risque de développer un glaucome est de 4 %, et ce taux augmente à 10 % à l’âge de 70 ans ».
L’hérédité constitue le deuxième facteur de risque. « Une personne dont les parents sont atteints de glaucome doit effectuer des contrôles réguliers dès l’âge de 40 ans pour un dépistage précoce ». Le troisième facteur est l’hypertension oculaire. « À partir de 40 ans, une personne ressentant une baisse de la vision de près devrait consulter un ophtalmologiste qui procédera à des examens de routine, dont la mesure de la pression oculaire ».
Le spécialiste a aussi souligné que l’épaisseur de la cornée, si elle est inférieure aux normes, peut être un facteur de risque. De plus, « le facteur racial entre en jeu, les personnes à peau brune présentant un risque plus élevé ». Parmi les autres facteurs de risque, figurent les maladies vasculaires comme l’hypertension, l’hypotension, les vasculopathies, le diabète et surtout la myopie. « Plus le degré de myopie est élevé, plus le risque de glaucome augmente ».
Pour les personnes à risque, le Dr Messadi recommande une consultation annuelle. « Il est essentiel de mesurer la tension oculaire, car elle constitue un indicateur clé pour déterminer la nécessité d’examens complémentaires. Lorsqu’une hypertension oculaire est décelée, nous mesurons l’épaisseur cornéenne, réalisons une tomographie par cohérence optique pour évaluer le capital en fibres optiques, et nous pratiquons un examen du champ visuel ».
Il a, également, précisé que « le glaucome est asymptomatique durant les premières années. Il n’entraîne ni douleur ni baisse de vision. C’est pourquoi les examens préventifs sont essentiels ». Le rétrécissement progressif du champ visuel peut aboutir à une vision en trou de serrure. « Pour l’éviter, la tomographie par cohérence optique permet de dépister le glaucome avant l’apparition des symptômes visuels. En réalité, les pertes significatives apparaissent lorsque 40 % des fibres optiques sont déjà endommagées ».
Quant au traitement, le Dr Messadi a précisé qu’« il suit des protocoles internationaux. Le premier recours est l’usage de collyres, jusqu’à quatre différentes molécules. Si cela ne suffit pas, un traitement oral peut être envisagé, mais sur une courte durée car mal toléré par les personnes âgées ». Le recours au laser pour une trabéculorétraction ou la chirurgie filtrante, lorsque les autres traitements échouent, est aussi possible. « La chirurgie consiste à créer une fistule dans le blanc de l’œil pour réduire la pression intra-oculaire et préserver le nerf optique ».
Enfin, concernant les glaucomes à pression normale, il a mentionné les avancées récentes. « Des médicaments neuroprotecteurs sont en développement. Ils protègent le nerf optique de la mort cellulaire. C’est l’avenir de la médecine en matière de glaucome », a-t-il conclu.
Hassina Amrouni

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