Une étude suédoise récente suggère que la consommation régulière de poisson pourrait ralentir la progression de la sclérose en plaques (SEP). Menée à Stockholm à partir des données du registre suédois de la SEP (EIMS), cette recherche montre que les patients qui consomment du poisson au moins une fois par semaine, avant et après leur diagnostic, présentent un risque réduit de 34 % de voir leur état s’aggraver, par rapport à ceux qui en consomment rarement. Cette différence a été mesurée à travers l’évolution de l’EDSS (Expanded Disability Status Scale), un indicateur du handicap lié à la maladie.
Les chercheurs ont observé que cet effet bénéfique était visible aussi bien chez les amateurs de poissons gras (saumon, maquereau, hareng) que chez ceux qui privilégient les poissons maigres (cabillaud, sandre). Fait notable, même les patients qui ont augmenté leur consommation après le diagnostic ont montré une évolution plus favorable de la maladie. Deux nutriments présents dans le poisson pourraient expliquer ces résultats : les oméga-3, réputés pour leurs effets anti-inflammatoires, et la taurine, un acide aminé aux propriétés antioxydantes. Le fait que les bénéfices aient été observés aussi bien avec le poisson gras que maigre suggère que la taurine joue un rôle tout aussi important que les oméga-3.
Bien que ces résultats renforcent l’idée que l’alimentation a un impact sur la progression de la SEP, les chercheurs restent prudents. Ils rappellent qu’une corrélation ne signifie pas forcément un lien de causalité et que d’autres facteurs, comme un mode de vie globalement plus sain chez les consommateurs réguliers de poisson, pourraient aussi expliquer ces observations. Il n’en demeure pas moins que plusieurs études antérieures avaient déjà relevé une prévalence plus faible de la maladie dans les populations côtières, où l’on consomme plus de poisson.
Même pour ceux qui n’ont pas un accès facile au poisson frais, des alternatives existent. Le poisson surgelé, fumé ou en conserve (comme le thon au naturel) conserve ses bénéfices nutritionnels. Pour ceux qui ne consomment pas de poisson, les oméga-3 sont également présents dans les noix et l’huile de lin. Si la consommation de poisson ne remplace pas les traitements classiques, elle pourrait être un complément précieux pour mieux gérer la maladie. En attendant d’autres études pour confirmer ces résultats, intégrer davantage de poisson dans son alimentation apparaît comme une piste simple et naturelle pour améliorer sa qualité de vie.
Nouhad Ourebzani
