Dans un contexte international marqué par un besoin croissant d’inclusion et d’équité dans les systèmes de santé, l’Algérie a de nouveau affiché sa volonté politique et institutionnelle de garantir l’accès aux soins pour tous, notamment les personnes en situation de handicap. C’est dans ce cadre que le ministre de la Santé, M. Abdelhak Saihi, a pris part au troisième Sommet mondial sur le handicap, qui se tient à Berlin, en Allemagne.
Un sommet mondial pour une cause universelle
Organisé sous l’égide du gouvernement allemand, en collaboration avec la Jordanie et l’ International Disability Alliance, le Sommet mondial sur le handicap est un événement d’envergure qui vise à rassembler les gouvernements, les organisations de la société civile, les bailleurs de fonds et les acteurs du développement pour discuter de l’avenir des personnes handicapées dans un monde en mutation.
La première édition de ce sommet a eu lieu à Londres en 2018, suivie d’une seconde à Oslo en 2022. Cette troisième édition, tenue à Berlin du 2 au 3 avril 2025, a réuni plus de 90 délégations nationales, des ONG, des représentants de la société civile, ainsi que des experts internationaux.
L’objectif central : renforcer les engagements mondiaux en faveur des droits des personnes handicapées, à travers l’adoption de politiques concrètes, de financements adaptés, et d’une meilleure coordination des actions internationales. L’édition 2025 met l’accent sur trois axes prioritaires :
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L’accès équitable aux soins de santé
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L’inclusion dans l’éducation et l’emploi
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L’accès aux technologies d’assistance
L’intervention du ministre Abdelhak Saihi : un plaidoyer pour un système de santé résilient et inclusif
Dans un communiqué diffusé ce vendredi par le ministère de la Santé, il est indiqué que le ministre Abdelhak Saihi a participé activement à l’atelier consacré aux systèmes de santé et à leur adaptation aux besoins spécifiques des personnes en situation de handicap. Lors de son intervention, le ministre a dressé un tableau détaillé de l’organisation sanitaire algérienne et des efforts entrepris pour la rendre plus inclusive.
Des fondements solides pour un système en pleine évolution
Le ministre a commencé son allocution en rappelant les principes fondamentaux sur lesquels repose le système de santé algérien, à savoir :
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La gratuité des soins
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L’équité territoriale dans l’accès aux services de santé
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Le renforcement de la médecine de proximité
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La prévention comme pilier de la politique sanitaire nationale
Il a souligné que l’Algérie, malgré les défis économiques et les pressions démographiques, continue de faire de la santé un droit universel et non un privilège. L’adaptation du système aux besoins des personnes en situation de handicap n’est donc pas une démarche ponctuelle, mais une évolution naturelle de sa politique de santé.
Le défi de l’adaptation : infrastructures, ressources humaines et médicaments
Le ministre a mis en lumière les efforts continus de l’État algérien pour renforcer et adapter son réseau national de santé, notamment à travers :
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La construction de nouveaux hôpitaux, en zones urbaines comme rurales
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La modernisation des équipements médicaux
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La formation spécialisée du personnel médical et paramédical
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La disponibilité et l’accessibilité des médicaments essentiels
Il a déclaré que plusieurs structures de santé sont en cours de finalisation et seront opérationnelles d’ici la fin de l’année 2025, contribuant ainsi à rapprocher les soins des citoyens, y compris ceux vivant avec un handicap.
La santé inclusive : un pilier des droits humains
Dans un discours qui a été salué par les participants à l’atelier, M. Saihi a affirmé que la santé des personnes en situation de handicap n’est pas un service complémentaire, mais un droit fondamental, au même titre que l’accès à l’éducation ou à l’emploi. Il a également plaidé pour que les systèmes de santé intègrent systématiquement une perspective inclusive, en formant les professionnels à la prise en charge des patients aux besoins spécifiques et en adaptant les infrastructures aux différents types de handicap.
La coopération internationale, un levier essentiel
Lors de son intervention, le ministre a exprimé la volonté de l’Algérie de renforcer la coopération bilatérale et multilatérale en matière de santé et de prise en charge du handicap. Il a rappelé que l’Algérie collabore déjà avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), ainsi que d’autres agences internationales pour le développement de son système de santé.
M. Saihi a également insisté sur l’échange d’expériences et de bonnes pratiques entre pays comme une nécessité pour accélérer la transformation des politiques nationales. Il a proposé la mise en place de groupes de travail régionaux pour suivre les engagements pris à Berlin et favoriser leur mise en œuvre concrète.
Le rôle du personnel de santé : former pour mieux inclure
L’une des priorités mentionnées par le ministre est la formation continue du personnel médical, notamment sur les pratiques adaptées aux personnes vivant avec un handicap physique, sensoriel ou mental. Il a insisté sur le fait que :
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L’inclusion commence par une meilleure écoute et compréhension des patients
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Il est impératif d’éliminer les stéréotypes et discriminations dans les établissements de santé
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Le personnel de santé doit être formé à l’éthique de la bienveillance et du respect de la dignité humaine
Dans ce cadre, des partenariats sont en cours avec des universités médicales étrangères pour la mise en œuvre de programmes de formation spécialisés à destination des praticiens algériens.
La dimension technologique : un futur à rendre accessible
Le ministre a également évoqué la nécessité d’intégrer davantage de technologies d’assistance et de solutions numériques dans le parcours de soins des personnes handicapées. Ces technologies peuvent inclure :
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Des prothèses intelligentes
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Des fauteuils roulants automatisés
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Des plateformes numériques d’accès aux soins
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Des applications d’aide à la communication pour les personnes sourdes ou malentendantes
Il a affirmé que le gouvernement algérien soutient les start-ups et les entreprises innovantes qui développent des outils au service de la santé inclusive, avec des incitations fiscales et des programmes d’accompagnement.
Un engagement présidentiel clair et affirmé
La participation du ministre de la Santé au sommet s’est faite sur instruction du Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, qui avait mandaté également le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, M. Laïd Rebiga, pour représenter l’Algérie à Berlin. Cette délégation de haut niveau témoigne de l’importance accordée par l’État algérien à la question du handicap, non seulement comme enjeu social mais aussi comme question de dignité et de justice.
Réactions et perspectives : un discours salué par les partenaires
La prestation du ministre Saihi a été accueillie favorablement par plusieurs délégations, notamment celles d’Afrique subsaharienne, qui partagent des défis similaires. De nombreux observateurs ont salué la clarté de la vision algérienne et la cohérence de sa stratégie de santé inclusive, notamment dans un contexte post-Covid où les inégalités se sont exacerbées.
Plusieurs pistes de coopération ont été esquissées, notamment :
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La création d’un réseau africain de santé inclusive
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L’échange d’experts et de formateurs entre pays
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La mise en place d’un observatoire régional du handicap et de la santé
Conclusion : L’Algérie, acteur engagé pour la santé inclusive
En participant activement à ce sommet mondial, l’Algérie confirme sa place parmi les pays qui placent l’être humain au cœur de leurs politiques publiques. Le discours du ministre de la Santé n’est pas une simple déclaration d’intention, mais le reflet d’une dynamique concrète, fondée sur des réalisations visibles et des objectifs clairs.
Dans un monde confronté à des crises multiples — sanitaires, économiques, climatiques —, l’engagement en faveur des plus vulnérables devient le marqueur d’une politique responsable. À Berlin, l’Algérie a affirmé qu’elle ne laissera personne de côté, ni aujourd’hui, ni demain.
Faits marquants du sommet:
Les co-organisateurs ont formulé conjointement les objectifs et les points clés du Sommet mondial sur le handicap 2025 dans un livre blanc .
Le Global Disability Summit (GDS) est un mécanisme mondial permanent visant à renforcer les actions concrètes dans le but de mettre pleinement en œuvre la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées par le biais d’engagements . Il offre une plateforme aux gouvernements, aux organisations internationales, au secteur privé, à la société civile et aux organisations de personnes handicapées ( OPH ) pour prendre des engagements formels et concrets afin de promouvoir l’inclusion des personnes handicapées.
En complément du programme principal, des événements parallèles et des discussions au coin du feu ont permis de présenter et de discuter de sujets, d’approches et de leçons apprises pertinents devant un public mondial à Berlin afin d’inspirer le changement et de favoriser la collaboration. L’ espace d’exposition a offert une plate-forme aux acteurs de la société civile, y compris les OPH , le secteur privé, la politique et le monde universitaire, pour se présenter aux participants intéressés avec un stand d’exposition dans la zone de réseautage centrale .
Nora S.
