Une nouvelle étude danoise alerte sur un risque sous-estimé : l’excès de temps passé devant les écrans durant l’enfance pourrait favoriser, dès le plus jeune âge, le développement de maladies cardiovasculaires à l’âge adulte.
Menée par des chercheurs de l’Université de Copenhague sur deux larges cohortes d’enfants et d’adolescents, cette étude révèle qu’une exposition accrue aux écrans – qu’il s’agisse de jeux vidéo, de télévision ou de smartphones – est directement associée à une hausse des marqueurs de risque cardiométabolique. Chaque heure supplémentaire d’écran entraîne une élévation mesurable de ces marqueurs, déjà détectable à l’âge de 10 ans, et qui s’aggrave à 18 ans.
Mais l’avertissement ne s’arrête pas là. Grâce à des analyses sanguines métabolomiques avancées, les chercheurs ont mis en évidence une véritable empreinte biologique de l’écran : des altérations du métabolisme liées spécifiquement à l’exposition numérique, invisibles à l’œil nu, mais lourdes de conséquences.
Le manque de sommeil vient aggraver cette tendance : chez les enfants qui dorment peu, le temps d’écran explique jusqu’à 12 % de l’augmentation du risque cardiovasculaire. Le cœur des enfants pourrait ainsi subir, dès l’adolescence, les effets d’une vie sédentaire et hyperconnectée.
Face à ces résultats, les auteurs appellent à intégrer le temps d’écran comme un facteur de risque médical à part entière, au même titre que l’alimentation déséquilibrée ou l’inactivité physique. Ils plaident pour une réponse préventive forte : encadrer les usages numériques, promouvoir un sommeil de qualité, et replacer l’activité physique au centre du quotidien des enfants.
Nouhad Ourebzani
