La protection de l’environnement s’impose aujourd’hui comme un levier direct et incontournable pour préserver la santé publique. C’est dans cette optique que le ministère de l’Industrie, en partenariat avec le ministère de l’Environnement et de la Qualité de la vie, a organisé ce dimanche 19 avril 2026 un rencontre technique consacrée à la présentation d’une station innovante de traitement des eaux industrielles polluées, développée localement.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à renforcer la sécurité hydrique du pays tout en promouvant des solutions technologiques nationales durables. Mais au-delà de l’aspect industriel et économique, c’est bien l’impact sanitaire de la pollution qui se trouve au cœur de cette démarche.
Les eaux industrielles non traitées représentent en effet une menace sérieuse pour la santé des populations. Rejets toxiques, métaux lourds, produits chimiques… ces contaminants peuvent infiltrer les sols, contaminer les nappes phréatiques et, à terme, affecter la qualité de l’eau utilisée pour la consommation ou l’agriculture. Les conséquences sont multiples : maladies respiratoires, troubles dermatologiques, pathologies chroniques, voire risques accrus de cancers dans les zones les plus exposées.
C’est précisément pour répondre à ces enjeux que cette station innovante a été conçue. Développée par les ingénieurs de la Société de Maintenance de l’Est (SME), filiale du groupe public GICA, en collaboration avec une start-up dirigée par le professeur algérien Adel Degdag, cette technologie brevetée offre une solution performante, écologique et adaptée aux réalités industrielles nationales.
Les premiers tests, notamment au niveau de l’oued El Harrach, ont démontré une efficacité notable dans la dépollution des eaux industrielles. Les analyses effectuées en laboratoire confirment la capacité de cette station à réduire significativement les substances nocives, contribuant ainsi à assainir les milieux naturels fortement impactés.
L’enjeu est de taille : des zones comme l’oued El Harrach, Mazafran ou encore le lac de Réghaïa figurent parmi les écosystèmes les plus vulnérables à la pollution industrielle. Leur dégradation ne menace pas seulement la biodiversité, mais expose également les populations riveraines à des risques sanitaires permanents.
Au-delà de la dépollution, ce dispositif permet également la réutilisation des eaux traitées, notamment pour l’irrigation agricole ou certains usages industriels. Une approche qui répond à la fois aux impératifs écologiques et aux besoins croissants en ressources hydriques, dans un contexte de stress hydrique de plus en plus marqué.
Les autorités insistent également sur la nécessité d’accompagner les entreprises industrielles dans leur mise en conformité avec les normes environnementales. Car protéger l’environnement, c’est avant tout protéger les citoyens. La qualité de l’air, de l’eau et des sols est indissociable de la qualité de vie et de la santé des populations.
Ce projet illustre ainsi un changement de paradigme : l’environnement n’est plus perçu comme une contrainte, mais comme un pilier fondamental de la politique de santé publique. En misant sur l’innovation locale, l’Algérie affirme sa volonté de construire un modèle de développement durable, où croissance économique et protection de la santé avancent de pair.
La généralisation de cette technologie à l’échelle nationale pourrait marquer un tournant décisif. Car chaque litre d’eau dépollué est une menace en moins pour la santé publique, et un pas de plus vers un environnement sain, condition essentielle au bien-être des générations présentes et futures.
Nouhad Ourebzani
