Santé mentale : l’Algérie engage une réforme nationale pour rapprocher le soin du citoyen

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre, le ministre de la Santé, Pr Mohamed Seddik Aït Mesouada, a annoncé depuis le siège de l’Institut national de santé publique le lancement d’une stratégie nationale ambitieuse dédiée à la santé mentale et psychique.
Cette réforme, fondée sur le principe du découpage sectoriel de l’offre de soins, vise à rapprocher le traitement des malades de leur lieu de résidence, garantissant ainsi un accès plus équitable et plus humain aux services psychiatriques.

Le dispositif, officialisé à travers l’arrêté ministériel n°003 du 23 juillet 2025, marque un tournant dans la gouvernance sanitaire du pays. Il ambitionne de mettre fin à la centralisation excessive du système de soins, souvent responsable de la rupture du suivi thérapeutique, et de faire du réseau de proximité le premier maillon du parcours de prise en charge.

Dans son allocution, le Pr Aït Mesouada a insisté sur la nécessité de refonder la politique nationale de santé mentale en intégrant les réalités sociales actuelles. Il a mis en garde contre l’impact destructeur de la consommation de drogues sur la santé psychique, soulignant que l’addiction multiplie les troubles mentaux et rend le traitement plus complexe. Cette situation impose, selon lui, une approche globale, mêlant suivi médical, encadrement social et dispositifs de sécurité adaptés.

Le nouveau modèle repose sur une logique d’efficacité et d’humanité : renforcer la détection précoce, permettre une prise en charge locale et immédiate, et instaurer un cadre juridique clair pour les hospitalisations obligatoires ou judiciaires. L’objectif est double : assurer la sécurité des patients et du personnel, tout en maintenant le respect de la dignité humaine au cœur de l’action médicale.

En publiant ce texte symboliquement le jour de la santé mentale, le ministère affiche une volonté politique claire : briser le tabou autour des maladies psychiques, ouvrir un débat national sur leurs causes et leurs conséquences, et replacer la santé mentale au centre des priorités publiques.

Par cette réforme, le secteur de la santé affirme que la santé mentale n’est pas une question secondaire, mais un enjeu national majeur, condition de stabilité sociale et de cohésion humaine.
Investir dans la santé mentale, c’est investir dans la paix intérieure des individus, dans la prévention avant la crise, et dans une société algérienne plus équilibrée, plus consciente et plus solidaire.

Tinhinane B

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