Pharmacovigilance et gestion de risques: Le Dr Achouak Ghorab explique le rôle clé du CNPM

En marge du 9e Congrès de la FAP, Esseha a rencontré le Dr Achouak Ghorab, Directrice du Centre de pharmacovigilance et de matériovigilance (CNPM). L’occasion de revenir sur le rôle central de cette institution, souvent méconnue du grand public, mais essentielle à la sécurité des médicaments et des dispositifs médicaux en Algérie.
Présente lors de cet événement scientifique majeur, la responsable s’est félicitée de l’intérêt suscité par la session consacrée à la pharmacovigilance. « Lors de ce 9e Congrès de la FAP, nous avons eu la chance et le plaisir d’être programmés en session pour parler de la pharmacovigilance, un sujet qui a clairement suscité l’intérêt du public », a-t-elle expliqué. Elle a rappelé que le CNPM n’est pas une structure récente, contrairement à ce que pensent certains. « Le CNPM existe depuis 1998, à travers son décret de création 98/192 », a-t-elle précisé.
Etablissement public à caractère administratif placé sous la tutelle du ministère de la Santé, le CNPM a pour mission principale d’assurer la sécurité du médicament. A cela s’ajoute la matériovigilance, qui concerne le suivi des incidents et des risques d’incidents liés aux dispositifs médicaux. « Nos missions consistent à détecter, évaluer, comprendre mais aussi prévenir l’apparition des événements à effet indésirable », a souligné le Dr Ghorab. Elle insiste cependant sur un point fondamental : la pharmacovigilance est un travail collectif. « Notre travail ne peut être seul », affirme-t-elle. Le CNPM collabore étroitement avec l’ensemble des parties prenantes, notamment le ministère de la Santé, le ministère de l’Industrie Pharmaceutique, l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) mais il aussi les professionnels de la santé et les opérateurs ou les établissements pharmaceutiques. « Les professionnels de la santé sont une partie prenante majeure de notre activité », a-t-elle rappelé, soulignant leur rôle clé dans la remontée et la gestion des informations de sécurité. Cette interaction permet d’échanger, d’analyser les situations à risque et de proposer des recommandations ou des actions concrètes pour protéger les patients.
Interrogée sur la gestion des situations de crise en pharmacovigilance, le Dr Ghorab explique que celles-ci reposent sur des alertes liées à la sécurité des patients ou des utilisateurs de produits de santé. « La crise est définie par des situations d’alerte basées sur un ensemble d’informations en pharmacovigilance qui touchent la sécurité du patient, la sécurité d’utilisation des produits de santé », a-t-elle détaillé. Une fois identifiée et validée, la crise est prise en charge à travers des procédures bien établies, des comités dédiés et une coordination étroite avec les autorités concernées.
Dans les cas les plus graves, des interventions rapides et immédiates sont mises en œuvre. Mais au-delà de l’aspect technique, un enjeu reste central : la communication. « Il faut absolument prendre en considération le grand public et la perception de la crise », insiste-t-elle. Pour la Directrice du CNPM, transmettre « la bonne information à la bonne personne » est une condition indispensable pour gérer efficacement une crise et préserver la confiance.
Hassina Amrouni

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