Rétinopathie du prématuré : un risque de cécité qui progresse malgré les avancées médicales

Les progrès de la médecine néonatale ont permis de sauver un nombre croissant de grands prématurés, mais ils s’accompagnent d’un risque encore sous-estimé : la rétinopathie du prématuré, aujourd’hui l’une des principales causes de déficience visuelle évitable chez l’enfant. Une étude internationale publiée dans JAMA Ophthalmology met en lumière des tendances mondiales contrastées, révélatrices de profondes inégalités de santé.

Selon les auteurs, si la charge globale de la perte visuelle liée à cette pathologie tend à se stabiliser, la situation se dégrade dans de nombreux pays à revenu faible et intermédiaire. L’amélioration de la survie des prématurés n’y est pas toujours suivie par la mise en place de programmes de dépistage et de prise en charge adaptés, exposant des milliers d’enfants à un risque durable de handicap visuel.

À l’inverse, les pays à hauts revenus, où le dépistage systématique et le suivi ophtalmologique sont bien intégrés aux soins néonatals, parviennent à limiter les formes sévères de la maladie. L’étude souligne le rôle déterminant de facteurs tels que l’accès aux soins prénatals, la disponibilité de personnel formé et la couverture financière des soins dans l’évolution de la rétinopathie du prématuré.

Pour les chercheurs, cette pathologie illustre un paradoxe sanitaire : sauver davantage de vies sans investir simultanément dans la prévention peut créer de nouvelles inégalités. Ils appellent à une approche globale associant survie néonatale, dépistage précoce et équité d’accès aux soins, afin que les avancées médicales ne se traduisent pas, à long terme, par une augmentation de la cécité infantile.

Ouiza Lataman

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