Cancer pédiatrique : Environ 2000 nouveaux cas enregistrés en Algérie chaque année

Selon l’OMS, un cancer est diagnostiqué chaque année chez 400 000 enfants et adolescents de 0 à 19 ans. Ces chiffres sont malheureusement en constante évolution et c’est ce que fait savoir une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé coordonnée par le Centre international de recherche contre le cancer datant de 2017 qui précise que « la fréquence des cancers chez l’enfant a grimpé de 13% dans les années 2000 par rapport aux années 1980 ». Toujours selon l’OMS, « le cancer de l’enfant n’est généralement ni évitable, ni dépistable » mais si la guérison est possible et envisageable lorsqu’un diagnostic rapide et correct est établi et le traitement adéquat administré, il n’en demeure pas moins, et toujours selon l’OMS, que les taux de guérison sont plus élevés dans « les pays à revenu élevé, où des services complets sont généralement accessibles (plus de 80%) », comparés aux « pays à revenu faible ou intermédiaire (moins de 30%) ».
En Algérie, il n’existe pas de statistiques globales sur l’incidence de ce type de pathologie sur la jeune population. Mais on estime qu’environ 2000 nouveaux cas sont détectés chaque année chez les enfants et adolescents. Les cancers les plus fréquemment décelés en Algérie sont la leucémie aiguë (entre 30 et 40% de cas), le cancer du cerveau, des os, des yeux (rétinoblastome), des reins (néphroblastome), …etc. Malheureusement, la prise en charge en Algérie des enfants atteints de cancer reste « extrêmement difficile » selon le Pr Nabila Bouterfas, chef de service Oncologie pédiatrique à l’Etablissement hospitalier universitaire (EHU) Hassani Issaad, citée par l’APS. Selon la spécialiste « l’unité d’oncologie pédiatrique à l’EHS Pierre et Marie Curie à Alger, ne dispose pas d’un nombre suffisant de lits et de fauteuils pour l’hôpital de jour » et « les centres anti cancer (CAC) répartis à travers le pays ne disposent pas de services équipés pour la prise en charge du cancer pédiatrique notamment en matière de chirurgie, de chimiothérapie et de radiothérapie ». Elle a déploré encore « l’absence d’un service de greffe de la moelle osseuse pour les enfants qui souffrent d’une déficience immunitaire et de leucémie ». Soulignant la nécessité de lancer un « plan national d’oncologie pédiatrique » et appelant à la création de centres régionaux spécialisés dans la prise en charge du cancer de l’enfant à travers le pays, le Pr Bouterfas a précisé que « les wilayas du sud sont parmi les régions les plus désavantagées en matière de prise en charge des enfants cancéreux en raison de l’absence d’établissements hospitaliers de proximité dédiés à ce volet ». Le manque de lits ou de services spécialisés n’est, pour autant, pas le seul problème posé à la prise en charge des enfants atteints de cancer. En effet, il y a aussi les difficultés d’obtention de rendez-vous pour la radiothérapie notamment « entraînant parfois la perte de bénéfice des traitements reçus auparavant », fait encore savoir la spécialiste.
Quant à la pénurie de médicaments, c’est un autre problème de taille auquel les spécialistes en oncologie ont dû faire face ces derniers mois, une pénurie accentuée par la pandémie de la Covid-19. Cependant, les pouvoirs publics essayent de remédier à la situation à travers l’acquisition d’importants lots d’anticancéreux, livrés à la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) qui, à son tour, se charge de les redistribuer aux services en charge de malades atteints de cancer.
A ce titre, la directrice générale de la Pharmacie centrale des hôpitaux, Fatima Ouakti a fait savoir qu’en sus des 60 000 flacons de Methotrexate réceptionnés le 7 février dernier, la PCH attend ce samedi 26 février, un autre très important lot qui devra couvrir les besoins des malades sur une durée de 12 mois.

Hassina Amrouni

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