Lors de l’ouverture de la 68e Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui se tient du 16 au 20 septembre 2024 au Centre international de Vienne (CIV) en Autriche, Rafael Mariano Grossi, Directeur général de l’AIEA, a réaffirmé l’importance des technologies nucléaires pour améliorer la santé mondiale.
Avec un ton résolument tourné vers l’avenir, il a mis en exergue des initiatives stratégiques qui visent à transformer les systèmes de santé, en particulier dans les pays en développement, en tirant parti des applications médicales des technologies nucléaires.
Parmi les programmes phares évoqués, Rays of Hope s’est imposé comme une réponse vitale aux disparités dans le traitement du cancer entre les pays développés et en développement. Ce programme ambitieux répond à un besoin urgent : dans de nombreuses régions, l’accès à des thérapies efficaces contre le cancer demeure extrêmement limité. L’AIEA, sous l’impulsion de cette initiative, s’engage à fournir des équipements de radiothérapie de pointe, tout en garantissant la formation du personnel médical. L’objectif est d’améliorer les taux de survie et de rendre les traitements du cancer plus accessibles, notamment en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est, où les infrastructures de soins sont souvent inadéquates.
Grossi a souligné que le programme Rays of Hope ne se limite pas à la simple fourniture d’équipements. Il comprend également un volet d’assistance technique pour que les personnels sur place puissent utiliser efficacement ces technologies, optimisant ainsi l’impact des traitements contre le cancer. Cette approche intégrée, selon le Directeur général, est essentielle pour combler les inégalités mondiales en matière de santé.
L’AIEA ne se concentre pas uniquement sur le traitement du cancer, mais également sur la lutte contre les maladies infectieuses. Grossi a ainsi souligné l’importance du programme ZODIAC (Zoonotic Disease Integrated Action), lancé à la suite de la pandémie de COVID-19. Ce programme se base sur des techniques nucléaires avancées pour renforcer la surveillance et la détection des zoonoses — ces maladies transmissibles entre animaux et humains, qui représentent une menace majeure pour la santé publique mondiale.
Grâce à ZODIAC, les États membres de l’AIEA sont mieux équipés pour prévenir et réagir rapidement aux crises sanitaires d’origine zoonotique. Grossi a insisté sur la nécessité d’une vigilance accrue face à ces risques, rappelant que les technologies nucléaires permettent d’accélérer les diagnostics et d’améliorer les capacités de réponse, notamment dans les pays où les systèmes de santé sont plus vulnérables.
Au-delà de ces deux initiatives spécifiques, l’AIEA intensifie également ses efforts pour améliorer l’accès aux techniques nucléaires dans les systèmes de santé mondiaux. Rafael Mariano Grossi a mis l’accent sur la formation des professionnels de santé, soulignant que l’AIEA offre une expertise et des outils essentiels pour que les pays en développement puissent bénéficier des mêmes standards que les nations plus avancées.
Grâce aux technologies nucléaires, des avancées significatives sont réalisées dans des domaines tels que l’imagerie médicale et la médecine de précision, qui contribuent non seulement à améliorer les diagnostics, mais aussi à personnaliser les traitements pour les patients. Cette approche globale permet d’apporter des réponses plus efficaces à des maladies graves comme le cancer et les maladies infectieuses.
La déclaration du Directeur général lors de cette 68e Conférence générale a réaffirmé le rôle essentiel de l’AIEA dans la promotion de la santé mondiale, tout en appelant à une collaboration internationale renforcée. Rafael Mariano Grossi a conclu en soulignant que les technologies nucléaires, longtemps associées à la production d’énergie, ont aujourd’hui un rôle fondamental à jouer dans la lutte contre les maladies les plus graves. L’AIEA s’engage ainsi à continuer de faciliter l’accès à ces technologies pour un avenir plus sain et plus équitable.
Cette conférence marque une étape décisive dans l’engagement de l’AIEA à soutenir les États membres dans leurs efforts pour améliorer les systèmes de santé, en particulier face aux défis mondiaux croissants dans les domaines de la santé publique et des maladies non transmissibles.
Nouhad Ourebzani
