Des spécialistes plaident pour des soins complets pour les patients atteints d’un cancer du poumon

Les médecins et spécialistes participant à la journée d’information, organisée par le laboratoire MSD sur la question du cancer du poumon, ont convenu à l’unanimité que le tabagisme constitue le premier facteur de risque avec un taux de près de 90% des cas de cancer du poumon enregistrés en Algérie, qui en 2019 s’élevait à environ 3076 nouveaux cas, selon les données du registre national du cancer. 


Dans ce contexte, le professeur Merzak Gharnout, président de l’Académie algérienne d’allergie et chef du service des maladies pulmonaires au CHU de Beni Messous , a confirmé que le cancer du poumon connaît une augmentation alarmante du nombre d’infections, car il touche les fumeurs depuis plus de 40 ans. Toutefois, il rassure que c’est une maladie qui peut être évitée en arrêtant de fumer et en intensifiant le travail de prévention et d’éducation qui ne peut se faire convenablement sans le recrutement des médecins généralistes et le renforcement de leur formation. 

Le professeur Gharnaout a mis l’accent sur l’importance de « l’analyse des tissus » ou de ce qu’on appelle « l’Ana-path  » au stade du diagnostic du type d’atteinte afin d’assurer des soins appropriés et précis qui permettent d’économiser du temps et des efforts et de rationaliser les dépenses. 

Le spécialiste a appelé à la mise en place d’un corridor vert pour le patient atteint de cancer, afin de lui épargner les souffrances dans lesquelles lui et sa famille et ses proches se débattent. La prise en charge intégrée et la facilitation des procédures, a-t-il dit, augmentent les chances de guérison du patient et améliorent sa qualité de vie, suggérant le développement d’une plateforme numérique à cet égard. 

Pr Gharnaout a défendu la nécessité de fournir des antalgiques à toutes les étapes du traitement et de généraliser ces centres qui manquent à notre pays, à l’exception de ce qui se trouve au Centre Pierre et Marie Curie, ainsi qu’au Centre Beni Messous, qui a été créé il y a environ 6 mois. 


A son tour, le Professeur Esma Kerboua , Chef de Service au Centre Pierre et Marie Curie, a rallié sa voix à celle du Professeur Gharnaout sur l’importance de l’analyse tissulaire « l’Ana-path », passant en revue ses nombreux bénéfices pour le patient et le médecin et la rationalisation de dépenses de santé. 

Le Pr Karboua a également évoqué les différentes étapes du traitement du cancer du poumon dans le monde et en Algérie, appréciant les différents développements réalisés grâce à la recherche pionnière en laboratoire, de la chirurgie à l’immunothérapie et autres traitements innovants. 

La spécialiste en oncologie a déclaré que 55 % des patients souffraient de rechute en métastases . 

Karboua a regretté le retard dans la découverte de l’infection dans la plupart des cas en Algérie, car seuls 20% des patients arrivent au stade 1 et 2, tandis que 30 et 50% atteignent les stades trois et quatre, qui sont deux stades dans lesquels le patient ne peut pas être soumis à la chirurgie en raison de la diminution des chances de guérison. 

A son tour, Hamida Kettab, Secrétaire Générale de l’Association « El Amal » d’aide aux malades du cancer, a évoqué l’expérience de terrain de son association avec les malades, notant que le droit du malade à la santé et au traitement est un droit constitutionnel, mais la réalité est très difficile, car le patient souffre de nombreuses lacunes à tous les niveaux, depuis la façon dont il a été informé de son atteinte jusqu’à la fin du parcours. Les malades font souvent face aux dépenses d’analyses médicales et coûteuses qui sont non remboursées lorsqu’elles sont réalisées en privé, du fait de leur manque dans les établissements hospitaliers publics, sans compter les manques de disponibilité constatés de temps à autre pour certains médicaments. 

Quant au professeur Ahsane Zenati, expert en économie de la santé, il a évoqué l’impact économique du cancer du poumon sur la productivité nationale et les fonds d’assurance sociale, d’autant plus que 95 % du financement des soins aux malades incombe au secteur public, soulignant la perte de près de 16 millions de dollars d’arrêts de travail dont la moyenne est estimée à 3 mois. . 

Pr Zenati a apprécié le système contractuel qui permet de fixer les dépenses et d’éviter le financement aveugle. 

Nouhad Ourebzani

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