Dans ce nouveau numéro de « Sahatak Bin Yadik » (صحتك بين يديك), le Pr Lynda Taibi, dermatologue au CHU Mustapha, nous donne des éclairages sur l’urticaire chronique, en examinant ses causes, ses manifestations cliniques et les différentes options thérapeutiques disponibles.
La spécialiste fait savoir d’emblée que « dans l’urticaire, les démangeaisons sont le premier symptôme qui pousse les patients à consulter. Il s’agit de plaques rouges, œdémateuses, qui apparaissent de manière subite sur n’importe quelle partie du corps. Ces plaques s’accompagnent d’un prurit très intense. Lorsque l’urticaire devient chronique, il n’y a généralement pas de cause décelable. Cependant, environ 20 % de la population a déjà expérimenté une urticaire aiguë à la suite d’infections, comme ce fut le cas durant la Covid, ou à cause de certains médicaments ou aliments. »
Le Pr Taibi souligne l’importance de faire la distinction entre les deux formes d’urticaires : « Dans le cas de l’urticaire aiguë, les symptômes durent seulement 1 ou 2 jours. Il est donc essentiel de se concentrer sur l’urticaire chronique, car la guérison peut y être bien plus longue. Pour certaines personnes, les symptômes peuvent persister au-delà de 6 semaines, ce qui fait que la maladie est considérée comme chronique. » Elle précise que cette maladie a un réel impact sur la qualité de vie, car les patients souffrent de démangeaisons constantes et les plaques peuvent survenir à tout moment, de jour comme de nuit.
« Ces plaques peuvent s’accompagner dans 40 % des cas d’œdèmes qui peuvent apparaître partout, y compris sur le visage. » Lors de leur consultation, les patients pensent souvent qu’il s’agit d’une allergie. Cependant, pour le médecin, « c’est une maladie relativement facile à reconnaître et à diagnostiquer cliniquement. Au début, nous ne demandons pas de bilan. Nous prescrivons un antihistaminique et, si cela ne fonctionne pas, nous réalisons un bilan minimal, souvent lié à des maladies comme celles de la thyroïde. »
Au cours de son intervention dans l’émission, le Pr Taibi n’a pas manqué de mettre en garde contre la prise de médicament sans prescription : « lorsque des œdèmes apparaissent, surtout sur le visage, certaines personnes prennent des corticoïdes sans avis médical. Je le déconseille fortement, car cela peut entraîner une résistance de la maladie à moyen ou long terme. »
Concernant l’âge d’apparition de cette pathologie, elle mentionne qu’il existe une épidémiologie particulière : « Il y a davantage de femmes, généralement autour de la quarantaine, qui sont touchées, souvent sans cause apparente, même en présence d’un terrain d’auto-immunité. La durée des symptômes peut varier, allant de quelques mois à plusieurs années. »
Pour ce qui est de la prévention, le Pr Taibi recommande : « il est crucial d’aller immédiatement aux urgences dès l’apparition de l’urticaire, surtout si c’est la première fois. Pour les personnes habituées aux poussées récurrentes, cela signifie que nous sommes dans le cadre d’une maladie chronique, nécessitant une consultation dermatologique. » Elle conclut en insistant sur l’importance d’un suivi médical régulier : « C’est une maladie qui demande un suivi au long cours, et il est impératif d’éviter l’automédication. »
Hassina Amrouni
