Dans un nouveau numéro de l’émission Sahtek Bin Yedik (صحتك بين يديك), animée par Samira Faidi, le professeur Idir Bitam, spécialiste des maladies transmissibles, a mis en lumière la recrudescence des virus en Algérie à l’approche des saisons froides. Il s’est particulièrement attardé sur les virus transmis par les insectes, tels que le virus du Nil occidental et le virus de Crimée-Congo, en expliquant leurs modes de transmission, leurs conséquences et les moyens de prévention.
« Il existe plusieurs sortes de virus, mais aujourd’hui, nous allons nous attarder sur ceux transmis par les insectes », a-t-il déclaré, soulignant que ces virus prospèrent dans des climats tropicaux caractérisés par des températures élevées, des pluies abondantes et une forte humidité.
Le Pr Bitam a particulièrement mis en garde contre les moustiques domestiques (à distinguer du moustique tigre), qu’il a qualifiés de « vecteurs compétents » pour la transmission de maladies graves comme le virus du Nil occidental. « Ces moustiques renferment une grande quantité de virus dans leur tube digestif, qui est transmis via leurs glandes salivaires lors de la piqûre », a-t-il expliqué.
Il a également précisé que ce virus possède un « tropisme neurologique », ce qui signifie qu’il affecte le système nerveux, pouvant entraîner des méningites graves. « C’est une maladie qui nécessite un diagnostic précoce et une prise en charge médicale spécialisée. Ce n’est pas une pathologie qui peut être traitée de manière traditionnelle, comme avec la phytothérapie. Le patient doit être hospitalisé dans un service infectieux ou de médecine interne », a-t-il insisté.
Outre le virus du Nil occidental, le Pr Bitam a évoqué le virus de Crimée-Congo, une zoonose transmise à l’homme par des tiques infectées. Ce virus, responsable de fièvres hémorragiques parfois mortelles, migre d’un continent à un autre grâce aux oiseaux migrateurs porteurs de tiques infectées. « Ces oiseaux transitent par les régions chaudes de l’Algérie, comme les Hauts-Plateaux et le sud, avant de descendre vers l’Afrique. Pendant cette période, les tiques tombent dans la nature et peuvent infester d’autres animaux, comme les dromadaires », a-t-il indiqué.
Le Pr Bitam a précisé que son équipe travaille actuellement à l’élaboration d’une cartographie pour identifier les régions où les tiques, porteuses ou non du virus, sont détectées. « Nous informons ensuite les médecins locaux afin qu’ils puissent poser des diagnostics précis et orienter rapidement les malades vers les structures spécialisées », a-t-il ajouté.
Bien qu’aucun cas n’ait encore été enregistré en Algérie, le professeur a rappelé l’importance de la prévention, notamment pour les personnes se rendant dans les régions à risque. « Si vous vous déplacez dans le sud ou les Hauts-Plateaux et êtes en contact avec des dromadaires ou des zones boisées, soyez vigilants. Les tiques peuvent se loger dans les parties chaudes du corps, comme les pieds, entre les orteils, derrière les genoux, dans le cou ou le dos. En rentrant chez vous, prenez une douche et examinez votre corps avec soin, car ces insectes peuvent être difficiles à repérer », a-t-il conseillé.
En cas de doute, le Pr Bitam recommande de consulter immédiatement un médecin pour une prise en charge rapide.
Hassina Amrouni
