Première cause de décès dans le monde et défi grandissant pour les systèmes de santé, les maladies cardiovasculaires s’imposent désormais comme un chantier prioritaire pour les autorités sanitaires algériennes. C’est dans ce contexte que le ministre de la Santé, Pr Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a procédé lundi à l’installation de la Commission nationale des maladies cardiovasculaires, une structure appelée à jouer un rôle central dans la définition des orientations stratégiques du pays en matière de cardiologie et de chirurgie cardiovasculaire.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche de modernisation de la gouvernance sanitaire, fondée sur l’expertise scientifique et l’anticipation des besoins. Face à la progression des pathologies cardiovasculaires, alimentée notamment par le vieillissement de la population et l’augmentation des facteurs de risque tels que l’hypertension artérielle, le diabète ou encore l’obésité, les pouvoirs publics entendent renforcer les capacités du système de santé et améliorer l’accès aux soins spécialisés.
La nouvelle commission aura pour mission d’évaluer les besoins nationaux dans le domaine de la cardiologie et de la chirurgie cardiovasculaire, d’identifier les insuffisances en matière d’équipements et de ressources, et de proposer les mesures nécessaires à une meilleure organisation des parcours de soins. Son action couvrira l’ensemble de la chaîne de prise en charge, depuis les interventions préhospitalières jusqu’aux structures hospitalières spécialisées.
Parmi les priorités affichées figure l’amélioration de la prise en charge des urgences cardiovasculaires, notamment les syndromes coronariens aigus, dont le pronostic dépend étroitement de la rapidité d’intervention. La commission sera également chargée d’élaborer une feuille de route nationale pour le développement de la cardiologie interventionnelle et de la chirurgie cardiaque, tout en veillant au maintien d’un haut niveau de qualité et de sécurité des pratiques médicales.
L’une des ambitions majeures de cette instance concerne la réduction des disparités régionales en matière d’accès aux soins spécialisés. À cet effet, elle devra proposer la création et l’organisation de centres de référence et de centres d’excellence, ainsi que le renforcement des pôles régionaux existants, en particulier dans les régions du Sud et des Hauts-Plateaux. La mise en place d’un réseau national dédié aux maladies cardiovasculaires devrait également favoriser une meilleure coordination entre les établissements de santé et une prise en charge plus homogène à l’échelle du territoire.
Dans son allocution, le Pr Mohamed Seddik Aït Messaoudene a souligné que le développement de la cardiologie et de la chirurgie cardiovasculaire constitue un axe stratégique pour l’avenir du système national de santé. Il a insisté sur l’importance d’une collaboration étroite entre les experts, les praticiens et les structures de santé afin de bâtir une organisation plus performante et mieux adaptée aux besoins des patients.
Au-delà de la création d’une nouvelle commission, cette démarche traduit la volonté des autorités sanitaires de structurer une réponse nationale durable face à l’une des principales causes de mortalité. Elle ouvre la voie à une approche plus coordonnée, plus équitable et davantage tournée vers l’excellence médicale dans un domaine où chaque minute gagnée peut sauver une vie.
Tinhinane B
