Dans le cadre de la campagne de sensibilisation sur les cancers, lancée ce mois de février par Esseha.dz, le professeur Reda Harrar, chef de service orthopédie et traumatologie à l’hôpital Selim-Zemirli d’El Harrach, a évoqué au micro d’Esseha.dz, les cancers osseux chez l’adulte et l’enfant ainsi que les traitements mis en place pour la prise en charge de ces tumeurs.
Selon le spécialiste, la prise en charge des cas de cancers osseux a été lancée au niveau de l’hôpital « Selim Zemirli » d’El Harrach -réputé pour être un hôpital des urgences-, il y a 2 ans, avec son arrivée à la tête du service orthopédie et traumatologie.
Le Pr Harrar a expliqué qu’entre les différentes tumeurs bénignes ou malignes qui peuvent toucher l’adulte ou même l’enfant, la prise en charge des malades n’est pas toujours simple car requérant des moyens parfois lourds dont on ne dispose pas.
« Pour traiter ces tumeurs, il faut un plateau technique assez lourd, le traitement nécessite la pose d’un matériel comme les prothèses massives, qui coûtent énormément cher et elles sont indispensables, car ce sont des tumeurs qui siègent, pour la plupart des cas au niveau du genou, de l’épaule, de la hanche. Et lorsqu’on fait la résection en bloc de ces tumeurs, on est obligé de réséquer l’articulation et de la remplacer par une prothèse massive dont le prix peut avoisiner les 1 300 000 voire 1 500 000 DA. Malheureusement, nous ne disposons pas de ces prothèses ».
Le Pr Reda Harrar a également précisé qu’outre la nécessaire disponibilité de ce matériel onéreux, une prise en charge idoine des tumeurs osseuses nécessite aussi « la disponibilité de la banque d’os ». Il a expliqué que « certaines tumeurs siègent au niveau des segments osseux et ne touchent pas l’articulation. Et donc lorsqu’on ôte ces tumeurs, on enlève des segments osseux de plusieurs centimètres de long dont la reconstruction requiert des greffes osseuses que l’on ne pourra obtenir que lorsqu’on aura une banque d’os, chose dont on ne dispose pas dans notre service. Et donc, on est obligé de donner des traitements provisoires et d’attente telle que la reconstruction selon la méthode de Campanacci qui consiste à combler le vide ou le gap osseux par du ciment chirurgical. Lorsque la greffe est possible, on peut lui greffer des greffes de fibula vascularisées. Malheureusement, ces greffes sont parfois insuffisantes et nécessitent des greffes massives d’os et pour les entretenir et les avoir, il faut des banques d’os ».
Rappelant que la en charge des tumeurs osseuses remonte à il y a plusieurs années, le Pr Harrar a déclaré que les premiers malades atteints de ce type de cancers étaient traités au niveau du CHU de Blida sous la direction du Pr Mourad Hamidani.
Le Pr Harrar a fait savoir qu’entre 2004 et 2008, pas moins de 556 malades ont été pris en charge au niveau de cette structure hospitalo-universaitaire, ce qui a conduit à la présentation de ces cas à un Congrès mondial d’orthopédie à Cape Town. « On a été choisi comme la meilleure présentation et on a même reçu un prix », a-t- indiqué. Actuellement, c’est au sein de l’hôpital de Zemirli, que le Pr Harrar essaye d’insuffler une même dynamique avec la prise en charge d’une cinquantaine de cas de cancers osseux chaque année. « Quand ce sont des enfants, ils sont d’abord pris en charge en oncologie dans le service du Pr Guachi et après la première cure de chimiothérapie, ils sont orientés vers notre service pour la résection ou la cure chirurgicale de ces cancers après, en post-opératoire, on leur renvoie ces malades pour une cure de chimiothérapie adjuvante », at-il conclu.
Hassina Amrouni
