Quand les cauchemars deviennent un risque pour la santé

Longtemps considérés comme de simples désagréments nocturnes, les cauchemars fréquents apparaissent désormais comme un indicateur sérieux de risque pour la santé. Selon des travaux menés par Abidemi Otaiku à l’Imperial College London et présentés lors du Congrès 2025 de l’Académie européenne de neurologie, vivre régulièrement des cauchemars – au moins une fois par semaine – multiplie par plus de trois le risque de décès avant l’âge de 70 ans.

Cette corrélation serait en partie liée à un vieillissement biologique accéléré, mesurable par des marqueurs tels que la longueur des télomères ou l’âge épigénétique. Près de 40 % de ce sur-risque de mortalité pourrait être expliqué par ce phénomène. Les chercheurs avancent que la répétition de ces rêves angoissants active de manière excessive la réponse de stress, perturbant le sommeil profond et déclenchant une libération prolongée de cortisol, ce qui finit par user prématurément l’organisme.

Les conséquences dépassent largement la sphère onirique : troubles de l’humeur, anxiété persistante, altération des fonctions cognitives et, dans certains cas, lien avec un risque accru de démence ou de maladie de Parkinson. La fréquence des cauchemars pourrait donc constituer un signal d’alerte clinique et un outil de dépistage précoce de pathologies plus graves.

La bonne nouvelle est qu’ils peuvent être réduits, voire éliminés, grâce à des interventions ciblées. L’amélioration de l’hygiène du sommeil, la prise en charge psychothérapeutique comme l’imagery rehearsal therapy ou la thérapie cognitivo-comportementale pour l’insomnie, ainsi que la gestion du stress ou des troubles psychiques associés, figurent parmi les approches les plus efficaces. Traiter les cauchemars ne serait plus seulement améliorer la qualité du sommeil : ce pourrait être une stratégie simple et à faible coût pour prolonger l’espérance de vie.

Ouiza Lataman

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