Selon le Pr Djame-Eddine Nibouche à propos de l’hypertension : « Moins d’un quart de la population algérienne est bien équilibré »

En marge du 1er Salon international Health Care Expo et conférences qui se tient à l’Ecole supérieure de l’hôtellerie et de la restauration d’Alger (ESHRA), le Pr Djamel-Eddine Nibouche, Chef de service de cardiologie au CHU Nefissa Hamoud (ex Parnet) s’est exprimé sur Esseha.dz, sur l’hypertension artérielle.
Le spécialiste a apporté des éclairages importants à propos de cette pathologie qualifiée à juste titre comme la « maladie du siècle » puisqu’elle touche 30% de la population mondiale. Malheureusement, et comme l’a relevé le Pr Nibouche, un grand pourcentage de la population hypertendue n’est pas équilibré.
Les chiffres d’une récente étude réalisée en Algérie et non encore publiée font état de « moins d’un quart de la population algérienne qui est bien équilibré ». « Nous avons fait la même étude en 2007 et il y avait à peu près le même chiffre ». Une situation qui n’est pas inhérente à l’Algérie. « On la voit ailleurs, comme par exemple en France où seulement 50% de la population est bien équilibré. C’est dire que c’est une maladie très difficile à traiter », a indiqué le Pr Nibouche qui a encore précisé qu’« étant une maladie qui ne guérit pas », l’hypertension nécessite non seulement un traitement à vie mais oblige également le malade à adopter une hygiène de vie. « L’hypertendu doit mener une vie saine : pas de stress, lutte contre l’obésité, pas de cigarette, il doit équilibrer son diabète s’il est diabétique et il doit équilibrer son bilan lipidique s’il a du cholestérol. Ceci, en plus du régime alimentaire. Le sel est l’ennemi mortel de l’hypertension artérielle, il est inconcevable de traiter un sujet hypertendu qui continue à prendre une quantité de sel excessive. Il faudrait qu’il soit réduit au minimum, c’est-à-dire 6 g de sel par 24h », a-t-il fait savoir.
Concernant le traitement de l’hypertension, le Chef de service de cardiologie, a expliqué que « la bithérapie est obligatoire pour l’ensemble des hypertendus sauf pour quelques cas comme les sujets âgés, sujets ayant une hypertension très légère… »
Par ailleurs et comme l’hypertension artérielle peut être responsable de complications très graves sur les organes nobles (cerveau, cœur, reins, artères des membres inférieurs et rétine), surtout lorsqu’elle est associée à d’autres maladies comme par exemple le diabète, il est primordial que le malade fasse un bilan de retentissement, pour voir si l’un des organes nobles est atteint et dans le cas positif, il faut traiter.
Enfin, l’espoir pour le futur proche, selon le Pr Djamel-Eddine Nibouche : « c’est de pouvoir innover dans le traitement de l’hypertension artérielle et créer de nouveaux anti-hypertenseurs par la bio-thérapie, c’est-à-dire vacciner le malade, trouver un médicament injectable à administrer tous les 6 mois pour équilibrer le patient », et d’ajouter « ça commence puisque nous l’avons dans des maladies liées à la dyslipidémie, ainsi que beaucoup d’autres pathologies, ce sont des vaccins qui agissent sur l’ARN ou les anticorps et qui peuvent donner d’excellents résultats ».
Si, à ce jour, « tous les moyens ont été mis pour pouvoir équilibrer les patients hypertendus sans arriver à de bons résultats », l’avenir donnera sûrement lieu à « des classes thérapeutiques extrêmement innovantes et très efficaces sur l’hypertension artérielle », a-t-il conclu.
Hassina Amrouni

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