2ème Colloque de Rhumatologie 2025: Comprendre et vivre avec la polyarthrite rhumatoïde

En marge du 2ème Colloque de Rhumatologie 2025, le Pr Chafia Dahou-Makhloufi, chef de service au CHU Mohamed Lamine-Debaghine de BEO a déclaré au micro d’Esseha que « la polyarthrite rhumatoïde est un rhumatisme inflammatoire qui commence par les petites articulations. C’est une inflammation de la membrane synoviale qui tapisse et recouvre toutes les articulations. Elle débute au niveau des petites articulations des mains et des pieds puis s’étend à toutes les articulations. Cette inflammation entraîne la sécrétion de substances pro-inflammatoires qui finissent par détruire l’os et le cartilage ».
La spécialiste a insisté sur l’importance d’un diagnostic précoce : « Si la polyarthrite n’est pas diagnostiquée tôt, les destructions peuvent être très graves et entraîner dans certaines situations un handicap majeur. Le diagnostic repose sur la clinique : la douleur réveille le malade dans la deuxième partie de la nuit et provoque un blocage des articulations au matin, c’est ce qu’on appelle un enraidissement matinal. Contrairement à l’arthrose, ce blocage dure plus d’une heure, parfois jusqu’à deux ou trois heures. On note également une fatigue pathologique non soulagée par le sommeil ».
Sur le plan biologique, le Pr Dahou-Makhloufi précise : « Les marqueurs spécifiques sont les anticorps anti-CCP, que l’on retrouve dans le sérum des patients atteints. La radiologie au début ne montre pas forcément de destruction, mais l’échographie peut nous détecter des signes inflammatoires précoces. Le diagnostic reste un diagnostic d’élimination car la polyarthrite ressemble beaucoup aux autres maladies, il y a des arthrites virales et des arthrites liées à d’autres connectivites ».
Le Pr Naouel Zehraoui, maître de conférence B au service rhumatologie du CHU Mohamed Lamine-Debaghine de BEO, a abordé la question du quotidien des patients : « Une fois le diagnostic posé, la prise en charge doit être multidisciplinaire. L’éducation thérapeutique du patient est essentielle : lui expliquer sa maladie, les options thérapeutiques et l’importance de son rôle dans sa propre prise en charge ».
Elle détaille ensuite le traitement : « Nous commençons par des moyens non pharmacologiques, puis un traitement symptomatique pour diminuer la douleur, comprenant des antalgiques, des anti-inflammatoires et une cortico-thérapie à court terme, juste le temps que le traitement de fond n’agisse ». Elle précise : « Selon le stade de la maladie, nous utilisons des traitements de fond conventionnels comme le méthotrexate, la sulfasalazine ou des traitements biologiques innovants ».
Enfin, le Pr Zehraoui souligne l’importance de la rééducation : « La rééducation fonctionnelle permet de maintenir la mobilité et de réduire la douleur. Un suivi régulier chez le spécialiste, est nécessaire pour maîtriser la pathologie et améliorer la qualité de vie du patient ».
Hassina Amrouni

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