Complication majeure chez le patient diabétique, la rétinopathie est l’une des causes les plus fréquentes de cécité chez les malades mal équilibrés. Pour le Pr Salah Mansour, chef de service de médecine interne au CHU de Tizi-Ouzou, l’arrivée de cette molécule en Algérie « peut nous aider à prévenir l’installation des formes sévères de cette rétinopathie ». Rencontré en marge du Symposium organisé par Abdi Ibrahim Remede Pharma-AIRP, le Pr Mansour a également expliqué au micro d’Esseha.dz que « le dobésilate de calcium a un effet antioxydant qui est le primum movens (premier moteur, ndlr) de la lésion rétinienne chez le patient diabétique. En fait, à la longue, l’hyperglycémie va provoquer un excès de stress oxydatif qui va être à l’origine de ces lésions. Ce médicament va pratiquement neutraliser ce stress oxydatif et cela va aboutir à la régression de ces lésions quand elles sont au stade minime ou modéré. On peut alors espérer une régression de ces lésions, en plus, bien entendu, du traitement que l’on a l’habitude de prendre ».
Egalement approché par Esseha, lors de ce symposium, le Pr Ali Behidj, endocrinologue et ancien maître de conférences au service de Diabétologie, a fait part de sa grande satisfaction de prendre part à ce symposium qui concerne à la fois les diabétologues et les ophtalmologues. « Pour une fois, nous avons une molécule que nous partageons dans nos prescriptions », a-t-il noté. Selon le spécialiste, la rétinopathie est une complication grave chez le diabétique et elle peut toucher même les jeunes adolescents de type 1 ou de type 2. Elle n’épargne aucun type de diabète ». Cependant, a-t-il précisé elle « peut être maîtrisée lorsqu’elle est à ses débuts, on peut même dire qu’elle est réversible, quand on la détecte précocement d’où l’intérêt d’un dépistage de manière régulière et continue ». Selon lui, il est recommandé de se faire dépister tous les ans, en effectuant un fond d’œil et ce, pour tous les types de diabètes. Il a, aussi, relevé que « malheureusement, le premier facteur d’évolution vers l’aggravation, c’est le déséquilibre du diabète. Et donc en tant que diabétologue, lorsqu’on communique avec nos confrères ophtalmologues, lorsqu’ils nous envoient des patients, ils nous demandent d’équilibrer leur diabète. Actuellement, cela se fait par le traitement oral ou l’insuline mais l’avènement de cette molécule qui existe depuis 30 ans et qui arrive enfin chez nous, va aider à l’équilibre de cette glycémie en agissant en parallèle avec les autres traitements déjà cités » et d’ajouter que « cela va aider voire faire disparaître, dans les premiers stades, les signes de la rétinopathie diabétique. On peut continuer à prescrire cette molécule tout au long de la progression de la rétinopathie diabétique quel que soit son stade ». Pour le Pr Behidj, il s’agit là d’« un acquis pour nous diabétologues, ophtalmologues, endocrinologues, internistes et généralistes car cette molécule est importante d’autant qu’elle est prescrite par voie orale, cela permet d’améliorer l’observance thérapeutique car le diabétique est polymédiqué et la polymédication a tendance à provoquer l’inobservance thérapeutique qui peut être à l’origine d’un déséquilibre et à la base de la rétinopathie ». Enfin, il a terminé son intervention en précisant que « cette molécule va, non seulement, stabiliser la rétinopathie mais, chose importante, les effets secondaires sont vraiment minimes voire inexistants ».
Hassina Amrouni
