Paludisme : une lutte toujours critique pour l’Afrique, selon le dernier rapport de l’OMS

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un rapport alarmant sur le paludisme, révélant une stagnation des progrès dans la lutte contre cette maladie mortelle. En 2023, on estime que 263 millions de cas de paludisme ont été enregistrés à l’échelle mondiale, entraînant 597 000 décès. Si ces chiffres sont similaires à ceux de l’année précédente en termes de mortalité, le nombre de cas a augmenté de 11 millions, mettant en lumière l’urgence d’une action renforcée.

L’Afrique, épicentre du fardeau mondial

La région africaine de l’OMS reste particulièrement touchée, concentrant environ 95 % des décès dus au paludisme. Les jeunes enfants et les femmes enceintes figurent parmi les plus vulnérables. Bien que des progrès aient été réalisés depuis 2000, avec 2,2 milliards de cas et 12,7 millions de décès évités, la maladie continue de représenter une menace sanitaire majeure, notamment en raison de l’accès insuffisant aux services de prévention, de diagnostic et de traitement.

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a déclaré : « Personne ne devrait mourir du paludisme. Un ensemble élargi d’outils permettant de sauver des vies offre désormais une meilleure protection contre la maladie, mais des investissements accrus sont nécessaires pour enrayer cette menace, surtout dans les pays africains fortement touchés. »

Depuis 2015, une réduction de 16 % du taux de mortalité a été enregistrée dans la région africaine, mais les résultats restent en deçà des objectifs fixés par la Stratégie technique mondiale de lutte contre le paludisme 2016-2030. Le taux de mortalité actuel est de 52,4 décès pour 100 000 personnes à risque, soit plus du double de l’objectif de 23 décès par 100 000 personnes.

Engagements politiques et défis financiers

En 2023, les ministres de la Santé de 11 pays africains, parmi lesquels le Nigeria, la Tanzanie et la République démocratique du Congo – représentant deux tiers de la charge mondiale du paludisme – ont signé une déclaration. Ils se sont engagés à renforcer les systèmes de santé, à améliorer la coordination et à utiliser stratégiquement les informations disponibles pour réduire durablement la morbidité.

Cependant, le financement mondial de la lutte contre le paludisme demeure insuffisant. Sur les 8,3 milliards de dollars annuels nécessaires pour atteindre les objectifs de l’OMS, seulement 4 milliards ont été mobilisés en 2023. Ce déficit financier risque de compromettre les efforts de contrôle et d’élimination, notamment dans les régions les plus touchées.

Des progrès prometteurs malgré tout

Malgré ces défis, des signes encourageants émergent. En novembre, 44 pays et un territoire ont été certifiés exempts de paludisme par l’OMS, contre seulement 4 en 2000. Par ailleurs, 25 pays endémiques signalent désormais moins de 10 cas annuels, traduisant des avancées significatives dans certaines régions.

Pour accélérer la lutte contre le paludisme, l’OMS appelle à des investissements massifs et à une action internationale coordonnée. En intensifiant les efforts, il serait possible de transformer cette lutte en une victoire, offrant ainsi à des millions de personnes un avenir libéré de cette menace persistante.

Tinhinane B

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