Une étude internationale publiée dans la revue Science révèle que les chats domestiques partagent des gènes clés liés au cancer avec les humains, offrant de nouvelles perspectives pour la recherche médicale des deux espèces.
Selon cette recherche, commandée par le Wellcome Sanger Institute au Royaume‑Uni avec la contribution d’équipes de vétérinaires et de généticiens de plusieurs pays, les mécanismes génétiques du cancer chez le chat présentent de fortes similitudes avec ceux des humains. En analysant les données génétiques de près de 500 chats domestiques atteints de tumeurs, les scientifiques ont décodé un large spectre de mutations associées à différents types de cancers, couvrant environ 1 000 gènes déjà impliqués dans les cancers humains.
Parmi les découvertes majeures, le gène TP53, connu comme un régulateur essentiel de la croissance cellulaire et souvent altéré dans les tumeurs humaines, est l’un des marqueurs génétiques les plus fréquemment mutés chez les chats aussi bien que chez l’homme, avec plus de 30 % des cas observés.
Les chercheurs ont également mis en lumière des similitudes frappantes avec certains cancers du sein : chez le chat, plus de la moitié des carcinomes mammaires présentent une mutation du gène FBXW7, un changement génétique que l’on retrouve également dans des formes agressives de cancer du sein humain et qui est associé à un pronostic plus défavorable.
Ces affinités génétiques ne sont pas seulement théoriques : parce que les chats vivent dans les mêmes environnements que leurs propriétaires — exposés à la pollution domestique, à des produits chimiques et à d’autres facteurs externes — ils fournissent un modèle plus naturel et pertinent que les traditionnels modèles animaux comme les souris de laboratoire.
Cette proximité environnementale pourrait aider à mieux comprendre les interactions entre les facteurs externes et le développement des cancers, tant chez les animaux que chez les humains.
Les experts estiment que ces résultats ouvrent la voie à un renforcement de l’oncologie comparative, une discipline qui étudie le cancer à travers différentes espèces. Un tel regard croisé pourrait permettre de développer des thérapies ciblées** efficaces pour les humains et leurs compagnons félins, tout en améliorant les diagnostics vétérinaires et les traitements contre diverses formes de tumeurs.
En résumé, cette étude met en lumière l’importance potentielle des chats domestiques non seulement comme compagnons de vie, mais aussi comme **partenaires clés dans la lutte contre le cancer**, en aidant les scientifiques à décoder les mystères génétiques de la maladie.
Nouhad Ourebzani
