Cancer du sein : à la Maison de la Presse, dépister tôt mais surtout ne laisser aucune patiente sans suivi

La deuxième édition des journées de sensibilisation et de dépistage précoce du cancer du sein s’est ouverte lundi 28 septembre à la Maison de la Presse Tahar Djaout. Derrière les examens proposés aux femmes travaillant dans la presse et la communication, l’initiative défend une approche plus large : informer, détecter précocement, orienter les cas suspects et garantir un véritable accompagnement médical et humain.

Trois cancers du sein avaient été détectés lors de la précédente édition. Un chiffre limité à l’échelle d’une campagne de dépistage, mais suffisamment significatif pour rappeler qu’une opération de sensibilisation peut déboucher sur des diagnostics réels et, surtout, sur des prises en charge qui ne peuvent s’arrêter à la remise d’un résultat. C’est sur cette continuité entre prévention, dépistage et soins que s’appuie la deuxième édition des journées organisées, du 28 au 30 septembre 2026, à la Maison de la Presse Tahar Djaout par sa direction, en coordination avec le journal électronique Esseha.dz.

Destinée aux femmes journalistes et aux travailleuses des secteurs de la presse et de la communication, l’opération ne se limite pas à proposer des examens. Dès la première journée, une conférence réunissant des spécialistes de la chirurgie mammaire, de l’oncologie, de la radiologie, de la gynécologie-obstétrique et de la médecine légale a replacé le dépistage dans un ensemble plus large de questions liées à la prévention, à la qualité de la prise en charge et à la relation entre le patient et le système de soins.

Les échanges ont notamment insisté sur la place des médias dans la diffusion de la culture sanitaire. Pour les médecins présents, la presse peut jouer un rôle essentiel lorsqu’elle parvient à expliquer simplement l’intérêt du dépistage précoce, sans dramatisation excessive et sans réduire la prévention à des campagnes ponctuelles. L’enjeu est de faire comprendre que le recours au dépistage avant l’apparition de symptômes peut modifier profondément le parcours de soins, à condition que l’information diffusée soit accessible, régulière et suffisamment claire pour être comprise par le grand public.

Mais cette première journée a aussi donné une place importante à une question souvent reléguée derrière les aspects purement médicaux : la manière dont les patients sont accueillis, informés et associés aux décisions qui concernent leur traitement. Les intervenants ont défendu une relation plus humaine entre le médecin et le malade, fondée sur une communication claire et franche, le respect de la dignité du patient et sa participation effective aux différentes étapes du parcours de soins. Selon eux, cette dimension éthique ne relève pas uniquement du confort psychologique ; elle participe directement à la qualité de la prise en charge.

L’expérience de la première édition donne un contenu concret à ce discours. Trois cas de cancer du sein avaient alors été détectés et les femmes concernées avaient été orientées vers des structures hospitalières spécialisées. Pr Hamida Guendouz, cheffe de l’unité de chirurgie du sein à l’EPH Djilali Rahmouni, a indiqué qu’une des patientes dépistées dans le cadre de l’opération avait ensuite été opérée dans son unité. Ce passage du dépistage à la prise en charge constitue probablement l’un des principaux enjeux de ce type d’initiative : détecter n’a de sens que si l’orientation et le suivi suivent réellement.

Pour cette deuxième édition, les organisateurs ont renouvelé leur engagement à accompagner les éventuels cas détectés et à les orienter vers des établissements hospitaliers spécialisés. L’objectif affiché est donc de ne pas laisser les participantes seules face à un résultat inquiétant, mais d’inscrire le dépistage dans une chaîne de prise en charge allant de l’information initiale jusqu’au suivi médical.

Au-delà de ces trois journées, la question reste celle de la capacité à faire du dépistage précoce une pratique durable plutôt qu’un rendez-vous occasionnel. L’initiative organisée à la Maison de la Presse rappelle à cet égard que la prévention ne repose pas seulement sur l’existence d’examens médicaux. Elle dépend également de l’accès à une information fiable, de la possibilité d’obtenir rapidement une orientation adaptée et de la qualité humaine du parcours proposé aux personnes chez lesquelles une anomalie est détectée.

Amina Azoune

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