Dr Malik Aït Yahia, Directeur de l’accès au marché et des affaires externes chez Biogen IPM à Esseha :« Maladies rares : préparer le système de santé à l’arrivée des innovations »

En marge du 9ème Congrès international de pharmacie hospitalière et oncologique, organisé à Alger par la Société algérienne de pharmacie hospitalière et oncologique (SAPHO), Esseha a recueilli les propos du Dr Malik Aït Yahia, pharmacien et Directeur de l’accès au marché et des affaires externes chez Biogen IPM.
S’exprimant autour des maladies rares et de l’accès au traitement, le Dr Malik Aït Yahia a expliqué au micro d’Esseha qu’« On considère que les traitements et l’accès aux traitements doivent être accompagnés et supportés par la mise en place d’un plan maladies rares ». Selon lui, un tel dispositif est indispensable « parce qu’il faut accompagner la structuration des structures de santé, des hôpitaux et aussi de l’ensemble de l’écosystème de santé ». Il insiste sur le fait que la création d’un plan national constitue « le moyen le plus structuré et le plus coordonné » pour améliorer la prise en charge et pour s’adapter à l’arrivée de nouvelles thérapies, d’autant que le paysage thérapeutique a profondément changé. « Avant on souffrait du manque d’innovation dans les maladies rares, il y avait très peu de traitements qui étaient autorisés, très peu de nouvelles molécules approuvées. Aujourd’hui, c’est presque l’inverse : on voit l’arrivée de traitements de plus en plus innovants », souligne-t-il.
Face à cette dynamique, il avertit : « Si on ne prépare pas le système de santé en termes de soutenabilité -donc de coûts- on peut très vite se retrouver submergés, tout comme les payeurs et les autorités ». Selon le Dr Aït-Yahia, la nouvelle frontière n’est plus la découverte de nouvelles molécules, mais la capacité à « prendre en charge de manière soutenable, durable et équitable » ces innovations, notamment en intégrant pleinement la dimension financière.
Pour concilier innovation et maîtrise des dépenses, plusieurs outils existent, le Dr Aït Yahia cite « l’intégration de la médico-économie et l’adaptation de cette approche aux coûts », ainsi qu’un dialogue permanent et adapté entre industriels et payeurs. Il rappelle que cela repose souvent sur « des accords économiques confidentiels » permettant de trouver un équilibre. Il insiste également sur la nécessité de ne pas appliquer aux maladies rares la même logique économique que pour les pathologies communes comme « le diabète ou la cardiologie, par exemple ».
Le pharmacien hospitalier joue un rôle central dans cecontexte. Le défi majeur, selon lui, sera d’adapter sa pratique aux spécificités des maladies rares pour traiter le plus grand nombre possible de patients. « Il y a un besoin médical énorme. Les patients attendent, et les pharmaciens hospitaliers devront faire face à des demandes très importantes », explique-t-il. Sur le terrain, ils devront gérer un double enjeu, à la fois économique et organisationnel, notamment pour « prioriser et décider quel patient traiter en premier ». Un rôle clé qu’il considère incontournable pour faire face à ces nouvelles réalités.
En conclusion, le Dr Malik Aït Yahia a tenu à remercier la SAPHO pour son engagement sur le sujet : « C’est un sujet extrêmement important. Il existe un momentum autour des maladies rares en Algérie, porté par les autorités, avec des efforts et des mesures très fortes. Merci à la SAPHO de nous offrir l’opportunité de communiquer sur ce thème, qui ne fera que gagner en importance avec l’arrivée des molécules innovantes ».

Hassina Amrouni

Cet article est réalisé avec le soutien de BIOGEN.

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