En marge du Media Training organisé par les laboratoires Sanofi autour de la thématique de l’asthme, Esseha s’est rapproché des deux animatrices de cette rencontre pour davantage de précisions sur les enjeux de cette maladie chronique.
A cette occasion, le Pr Rachida Khellafi, chef de service de pneumo-phtisiologie au CHU de Beni Messous, a expliqué les spécificités de l’asthme, ses modalités de diagnostic ainsi que les principes de sa prise en charge. Elle rappelle avant tout que « la majorité des asthmatiques ont un asthme allergique », ce qui constitue une donnée essentielle pour comprendre la nature du traitement. Toutefois, précise-t-elle, l’asthme se distingue nettement des autres maladies allergiques courantes telles que « la rhinite, la conjonctivite, l’eczéma ou la dermatite ». La différence réside principalement dans l’approche thérapeutique : « Dans asthme allergique le traitement de fond repose sur les corticoïdes inhalés pour traiter l’inflammation et que le malade soit bien contrôlé », alors que « dans toutes les autres maladies allergiques, on traite avec les antihistaminiques ». D’où la nécessité, insiste-t-elle, de bien saisir que « l’asthme est une maladie inflammatoire chronique, dans la majorité des cas allergique, il faut donc traiter l’inflammation ».
Sur le plan diagnostique, le Pr Khellafi souligne que de nombreux moyens existent aujourd’hui pour identifier la maladie. Elle explique qu’« il suffit d’interroger le patient », car l’anamnèse permet souvent d’orienter vers le diagnostic. En cas de doute, le recours à un examen fonctionnel respiratoire reste nécessaire : « Parfois, quand on doute, on peut faire une spirométrie pour voir si l’obstruction bronchique est réversible ». La spirométrie joue ainsi un rôle déterminant pour évaluer la fonction respiratoire et confirmer la présence d’asthme.
Elle réaffirme que le but du traitement est clair et doit guider l’ensemble de la prise en charge : « contrôler la maladie pour que le patient ne fasse plus de crises ».Pour cela il est indispensable de « traiter cette inflammation chronique puisque la définition de l’asthme, c’est une inflammation chronique des voies aériennes ».
Les traitements sont adaptés selon la sévérité de l’asthme : « Quand l’asthme est léger on donne des corticoïdes inhalés ». Ces derniers peuvent être « associés aux broncho-dilatateurs de longue durée d’action quand le patient fait un peu plus de crises ».
Concernant l’accès aux traitements, la spécialiste se veut rassurante : « En Algérie, toutes ces thérapeutiques existent et heureusement la grande majorité de nos patients est très bien contrôlée sous ces traitements standards ». Ce progrès thérapeutique permet d’améliorer considérablement la qualité de vie des personnes asthmatiques.
Enfin, le Pr Khellafi insiste sur l’importance du mode de vie dans la gestion de la maladie. Elle rappelle que « dans la prise en charge de l’asthme et dans le traitement de fond, il y a l’activité physique ». Selon elle, « il ne faut jamais empêcher un enfant qui a de l’asthme de faire de l’activité, quel que soit le stade de la maladie ». Bien au contraire, cette activité « va l’aider à améliorer sa fonction respiratoire et à développer ses voies aériennes », contribuant ainsi au contrôle global de la maladie ».
De son côté, le Pr Fouzia Oussedik, pneumologue au CHU de Beni Messous, s’est attardée sur l’importance de l’éducation thérapeutique dans la prise en charge du malade. Selon elle, « l’éducation thérapeutique fait partie intégrante de la prise en charge du patient asthmatique ». Pour en bénéficier pleinement, le patient doit se rendre en consultation, où « toute une équipe est disponible pour sa prise en charge ». Cette équipe pluridisciplinaire réunit un médecin traitant, un psychologue et des infirmiers, chacun apportant un soutien spécifique au malade.
L’objectif de cette démarche est clairement défini : « développer ses connaissances et ses compétences ». La spécialiste précise que l’on doit « lui expliquer sa maladie, en insistant sur l’inflammation car elle a des répercussions sur la prise en charge du malade », notamment en ce qui concerne « la prise des corticoïdes inhalés, de manière ordonnée et régulière ».
L’éducation thérapeutique passe également par l’apprentissage des gestes techniques indispensables au traitement. Le Pr Oussedik souligne qu’« on va également lui apprendre à utiliser les aérosols doseurs car c’est le dispositif existant ». L’idée est simple : « Il suffit de lui apprendre comment l’utiliser et on évite tous les contrôles insuffisants la maladie ». Une utilisation correcte des dispositifs inhalés conditionne en grande partie l’efficacité du traitement. Elle ajoute que l’équipe médicale « assure une consultation régulière et définit un parcours de soin ». Ainsi, « s’il ne va pas bien ou en cas de crise d’asthme sévère, il sait où aller ».
Abordant l’hygiène de vie, la pneumologue se montre particulièrement ferme sur le rôle du tabagisme : « Le tabac ne fait pas bon ménage avec l’asthme ni avec aucune autre maladie ». Elle juge même qu’« il est inconcevable qu’un malade asthmatique fume », faisant de l’arrêt du tabac une priorité absolue. Elle souligne également l’importance des « vaccinations hivernales, anti-grippale », qu’il faut effectuer chaque année pour limiter les complications.
Parmi les autres mesures recommandées par la spécialiste figurent l’évitement des « acariens et de tous les facteurs aggravants de la maladie ». Enfin, le Pr Oussedik rappelle que l’activité physique reste bénéfique et vivement conseillée : « Une marche régulière va énormément contribuer à l’amélioration de la qualité de vie du patient ».
Hassina Amrouni
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Media Training des Laboratoires Sanofi: Rôle de l’éducation thérapeutique dans la prise en charge de l’asthme
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