À l’approche de l’Aïd El-Adha, période marquée par l’abattage massif des moutons à travers le pays, le ministère de la Santé a lancé une vaste campagne nationale d’information et de sensibilisation contre le kyste hydatique, une maladie parasitaire considérée comme un véritable problème de santé publique en Algérie.
Connue également sous le nom d’hydatidose, cette maladie est provoquée par la forme larvaire d’un parasite appelé *Echinococcus granulosus*. Elle se développe chez l’être humain principalement au niveau du foie et des poumons, souvent sans symptômes au début, ce qui rend son dépistage difficile. Dans de nombreux cas, la maladie n’est découverte qu’au stade des complications, lorsque des kystes apparaissent dans les organes vitaux et nécessitent des interventions chirurgicales lourdes et complexes.
Selon les autorités sanitaires, les conditions entourant le sacrifice rituel du mouton durant l’Aïd favorisent la propagation de cette zoonose, notamment lorsque les règles d’hygiène et de contrôle vétérinaire ne sont pas respectées. Le ministère rappelle ainsi que les chiens constituent le principal réservoir du parasite et jouent un rôle central dans la transmission de la maladie à l’homme.
Dans ce contexte, le ministère de la Santé appelle les citoyens à faire contrôler les moutons sacrifiés par des vétérinaires afin de détecter la présence éventuelle de kystes au niveau des abats, particulièrement le foie et les poumons. En cas d’impossibilité de contrôle, les citoyens sont invités à examiner minutieusement les viscères du mouton à la recherche de “boules d’eau”, signe caractéristique de la maladie.
Les autorités recommandent également de détruire les organes contaminés en les brûlant ou en les faisant bouillir, ou encore de les enterrer profondément afin d’empêcher les chiens errants d’y accéder. Le ministère insiste surtout sur l’interdiction absolue de donner des abats parasités aux chiens ou de les abandonner dans la nature ou avec les déchets ménagers, pratiques qui contribuent directement à la propagation du parasite.
La campagne met aussi l’accent sur l’importance des règles élémentaires d’hygiène, notamment le lavage des mains avant les repas et après avoir touché un chien, ainsi que sur la prévention des accidents domestiques fréquemment enregistrés durant cette fête religieuse. Les citoyens sont ainsi appelés à sécuriser les bouteilles de gaz, éloigner les enfants des zones de cuisson traditionnelles et manipuler avec prudence les objets tranchants utilisés lors du sacrifice.
Par ailleurs, le ministère de la Santé a assuré que les structures sanitaires de proximité ainsi que les établissements hospitaliers resteront mobilisés et pleinement opérationnels durant toute la période de l’Aïd afin de garantir une prise en charge rapide des urgences médicales et des accidents domestiques.
À travers cette campagne, les autorités sanitaires cherchent avant tout à renforcer la culture de prévention et à limiter la propagation d’une maladie encore largement présente dans plusieurs régions du pays, particulièrement durant les périodes de forte activité liée au sacrifice rituel.
Nouhad Ourebzani
