Dr Yahia Mekki, virologue au CHU de Lyon à Esseha : « Prévenir, dépister, vacciner…nos meilleures armes face aux infections »

Rencontré en marge du 6ème Congrès de la Société algérienne d’infectiologie, organisé à Alger, le Dr Yahia Mekki, virologue, praticien hospitalier au CHU de Lyon, revient sur les thèmes qu’il a abordé lors de cet événement scientifique majeur. « J’ai été invité à animer deux communications : la première sur le vaccin anti-zona chez les personnes de plus de 65 ans et la seconde sur les hépatites virales et la femme enceinte et leur impact sur le fœtus », explique-t-il d’emblée. Il rappelle que chez les sujets âgés, « on observe une baisse de la vue, de l’audition et une diminution du système immunitaire, ce qui les rend vulnérables aux infections ».
Le zona, issu de la réactivation du virus de la varicelle contractée dans l’enfance, reste particulièrement redouté. « Avec l’âge, ce virus latent peut se réveiller. Le zona ophtalmique, cérébral ou cutané est très douloureux et il est responsable de 1,5% de décès chaque année et de plus de 2600 hospitalisations », souligne le spécialiste, avant d’ajouter que, grâce aux avancées de la recherche, un vaccin a été mis au point : « Le Shingrix présente une efficacité d’environ 80%. J’ai présenté toutes les données relatives à ce vaccin, afin d’encourager la vaccination des citoyens algériens de plus de 65 ans, notamment ceux ayant des maladies chroniques ».
Sa seconde intervention portait sur un sujet tout aussi sensible : les hépatites virales pendant la grossesse. « La séro prévalence des hépatites est en ordre croissant Nord-Sud, c’est-à-dire l’Afrique, l’Amérique Latine et l’Asie sont très touchés par les hépatites virales (A, B, C, D et E). En Algérie, les hépatites B et C, touchent environ 2 à 3 % de la population. Beaucoup de jeunes femmes, en âge de procréer, peuvent être contaminées, sans le savoir ».Il insiste particulièrement sur l’hépatite E, « responsable de 15 à 20 % de décès chez la femme enceinte ». Chez le nouveau-né, certaines hépatites non traitées, peuvent évoluer en formes chroniques graves : « un nouveau-né non dépisté peut développer une hépatite chronique dans les deux ou trois ans suivant la naissance et mourir d’un cancer du foie à 5 ans ».
Le spécialiste se montre toutefois optimiste concernant l’hépatite B : « L’Algérie est l’un des premiers pays au monde qui vaccine tout nouveau-né. Elle sera probablement l’un des premiers pays à éradiquer cette infection », note encore le Dr Mekki. Il rappelle l’importance du dépistage prénatal : « Au 6e mois de grossesse, si la maman est positive, on lui administre un traitement disponible en Algérie grâce à une négociation qui l’a rendu plus accessible. Puis, dans les 12 premières heures de vie, on vaccine le nouveau-né reçoit et on lui donne des gammaglobulines anti HBS, lui permettant d’être sauvé et de vivre normalement sans aucune atteinte ».
A propos du congrès, le Dr Mekki souligne la richesse des échanges et l’importance des thématiques abordées : « Des experts internationaux ont partagé des mises à jours cruciales sur les pneumonies, l’antibiorésistance, les infections virales et parasitaires ». Pour lui, l’enjeu est clair : « La prochaine pandémie pourrait être causée, non pas par un covid ou une grippe mais par une bactérie multi-résistante ». D’où l’importance de nouvelles recommandations, de la promotion de vaccins comme le Shingrix ou celui contre le papillomavirus, et du contrôle strict des prescriptions d’antibiotiques.
Avant de conclure, il tient à adresser un dernier mot : « Je remercie toute les personnes qui ont contribué à l’organisation de ce congrès ».
Hassina Amrouni

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