El Kendi Onco Bridge: Les nouvelles perspectives thérapeutiques au cœur des débats

La première édition d’El Kendi Onco Bridge a réuni à Alger près de 300 oncologues, radiothérapeutes et spécialistes venus de différentes régions du pays. Cette rencontre scientifique organisée par les Laboratoires El Kendi a permis de faire le point sur les avancées thérapeutiques en oncologie, les nouveaux traitements disponibles et les perspectives de développement de la production locale de médicaments innovants.
Pour le Dr Mehdi Ferdjioui, directeur général des Laboratoires El Kendi, cette initiative répond à la nécessité d’une approche multidisciplinaire face à une maladie particulièrement complexe. « Les cancers sont des maladies très complexes. On considère qu’il faut qu’il y ait une collaboration entre les différentes spécialités », a-t-il souligné, précisant que « près de 300 médecins ont participé aux échanges autour de cas cliniques complexes ». Le responsable a rappelé l’engagement du laboratoire dans le domaine de l’oncologie avec des solutions thérapeutiques déjà disponibles et l’ambition d’en proposer 20 nouvelles dans les prochaines années.
Même constat du côté du Dr Amir Maafa, Corporate medical Director MS Pharma, qui a insisté sur l’importance de cette première édition ayant réuni plus de 240 experts et 24 référents nationaux. Selon lui, « l’oncologie est l’une des aires thérapeutiques les plus complexes » et les progrès récents reposent sur le développement de la médecine personnalisée et des thérapies ciblées, qui améliorent significativement le parcours de soins des patients.
Les différentes sessions ont mis l’accent sur plusieurs cancers particulièrement difficiles à traiter. Le Pr Assia Bensalem, Chef de service d’oncologie médicale au CHU Didouche Mourad Constantine, a expliqué que les discussions ont notamment porté sur les cancers ORL, notamment le cancer du cavum, ainsi que sur les cancers digestifs, dont celui du pancréas. Elle estime que l’arrivée de nouvelles molécules est en train de « changer le paradigme de la prise en charge » de ces pathologies souvent diagnostiquées à des stades avancés.
La question des thérapies ciblées a occupé une place centrale lors de la rencontre. Le Pr Esma Kerboua, chef de service d’oncologie médicale du CPMC, a rappelé l’évolution du nimotuzimab, première molécule d’El Kendi enregistrée en 2009, ainsi que l’arrivée de nouveaux traitements destinés notamment aux cancers du rein et du sein. Pour la spécialiste, l’un des principaux avantages réside dans a fabrication locale de ces médicaments : « L’accès sera beaucoup plus facile et surtout beaucoup plus général ».
Les spécialistes ont également partagé des résultats concrets observés dans leur pratique quotidienne. Le Pr Djamila Yekrou, Chef de service d’oncologie médicale au CA.C de Sidi Bel Abbés, a présenté le cas d’une patiente atteinte d’un cancer du sein métastatique HER2 positif ayant répondu favorablement à un traitement de seconde ligne. « Il y a de l’espoir pour les malades », a-t-elle affirmé, soulignant que la survie globale a fortement progressé grâce aux thérapies innovantes.
Le Pr Hussein Adlane Dib, chef de service d’oncologie médicale au CAC de Sétif, a pour sa part mis en avant les avancées concernant le cancer du rein et la gestion des effets secondaires des thérapies ciblées et immunothérapies. Il considère que la disponibilité locale de ces traitements constitue « un véritable atout pour notre pays » et permet d’offrir aux patients des soins conformes aux dernières innovations médicales.
L’importance des approches combinées a également été soulignée par le Pr Messaouda Haoui, Chef de service de radiothérapie au CAC de Blida. Une étude menée entre 2017 et 2024 a montré de meilleurs résultats lorsque la chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie et la thérapie ciblée sont associées. Selon elle, « l’espoir est donc possible que ce soit pour les malades ou pour les médecins ».
La disponibilité des traitements a constitué un autre thème majeur des débats. Le Pr Hanane Djeddi, Chef de service d’oncologie au C.A.C de Annaba, a rappelé l’importance de l’hormonothérapie dans le cancer du sein, estimant que sa production locale représente « une chance pour nos malades » et contribue à transformer certaines formes de cancers en maladies chroniques plutôt qu’en pathologies fatales.
Enfin, le Khadidja Boudaoud, Chef de service de radiothérapie à Sétif et également Présidente de l’ASRO, a salué une rencontre qui a favorisé « des échanges scientifiques riches et constructifs » entre oncologues médicaux et radiothérapeutes. Elle a affirmé que la radiothérapie intervient dans près de 70% des cancers et demeure un pilier de la prise en charge multidisciplinaire.
Au-delà des avancées thérapeutiques présentées, cette première édition d’El Kendi Onco Bridge a surtout mis en lumière une conviction partagée par l’ensemble des participants, à savoir le développement des traitements innovants, leur production locale et le renforcement de la collaboration entre spécialistes, ce qui constitue aujourd’hui des leviers essentiels pour améliorer durablement la prise en charge du cancer en Algérie.
Hassina Amrouni

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