Une nouvelle étude issue de la prestigieuse Framingham Heart Study, publiée dans JAMA Network Open, apporte une confirmation solide à une intuition déjà largement partagée : bouger régulièrement ne renforce pas seulement le cœur… mais aussi le cerveau. Selon ces travaux, pratiquer une activité physique soutenue à différents moments de l’âge adulte pourrait réduire de manière significative le risque de développer une démence plus tard dans la vie.
Les chercheurs ont suivi près de 1 100 participants sur plusieurs décennies, évaluant leur niveau d’activité physique à trois étapes clés : autour de 40 ans, 50 ans et 60 ans. Résultat : ceux qui maintenaient un niveau d’exercice élevé — environ 7 500 pas quotidiens, l’équivalent d’une marche d’intensité modérée — présentaient un risque nettement moindre de démence à un âge avancé.
L’un des points marquants de l’étude est que l’activité physique semble protectrice même lorsqu’elle est pratiquée tardivement. Les personnes actives à 60 ans bénéficiaient encore d’un avantage mesurable, ce qui relativise l’idée selon laquelle il serait « trop tard » pour agir sur sa santé cognitive.
Si le mécanisme précis n’est pas entièrement élucidé, les auteurs évoquent plusieurs pistes : amélioration de la circulation sanguine cérébrale, maintien du volume hippocampique, réduction de l’inflammation, ou encore diminution des facteurs de risque cardiovasculaires, tous fortement liés au développement de la démence.
À l’heure où le nombre de cas ne cesse d’augmenter dans le monde, cette étude apporte un message encourageant : la prévention est possible, accessible et ne nécessite pas de performances athlétiques. Marcher davantage, maintenir une activité régulière, éviter la sédentarité — autant de gestes simples capables, cumulés sur des années, d’offrir une véritable protection au cerveau.
En d’autres termes, le mouvement apparaît comme l’un des rares leviers de santé publique à la fois efficaces, peu coûteux, et immédiatement accessibles à chacun. Un véritable « médicament » à portée de pas.
Nouhad Ourebzani
