Pr Karim Boudjema, CHU de Rennes : La transplantation hépatique peut se faire en Algérie

Le professeur algérien Karim Boujema, chef du service de chirurgie du foie et des voies biliaires à l’hôpital universitaire de Rennes en France, et l’un des chirurgiens de transplantation hépatique les plus performants au monde a accordé, ce samedi, une interview à Radio Constantine où il a abordé une technique nouvelle fort intéressante : La transplantation du foie ! 

Le professeur Boudjema a souligné que la science est parvenue aujourd’hui dans le domaine de la transplantation et de la chirurgie du foie à une technique médicale qui consiste diviser ou de couper le foie en deux parties.  « Cela nous permet de faire deux greffes de foie à travers un foie », explique-t-il.

Selon l’invité de Radio Constantine, cette technique donne la possibilité à un plus grand nombre de patients de subir une transplantation hépatique compte tenu de la problématique du don d’organes et du manque de donneurs.

Le spécialiste affirme qu’en France, des comités sont installés pour se charger du suivi de cette technologie.  « Nous n’avons pas eu beaucoup de succès dans son application, mais c’est la dernière technologie aujourd’hui dans le monde », note Pr Boudjemaa qui précise que  « cette technologie est très précise et sensible, elle demande plus d’organisation, de concentration et certains équipements » .

Pour Pr Boudjema, cette technique n’est pas une chirurgie compliquée, elle nécessite une application stricte.  « La réussite de l’opération nécessite que le patient ne soit pas dans un état critique ou dangereux.  Il ne faut pas attendre trop longtemps avant l’opération pour que l’état du patient ne s’aggrave pas. Et pour le donateur, il y a deux conditions : il doit être un membre de la famille du patient (père, frère, mère, fille…),et doit subir des contrôles très précis » .

Après la greffe, le patient doit subir une observation médicale très particulière par un médecin formé dans le domaine du suivi médical.  Cette surveillance médicale nécessite une grande organisation.

Dans la première année de la greffe du foie, le patient doit effectuer entre quatre et cinq examens médicaux de suivi. Après cinq à six ans de greffe, il peut faire un suivi médical et une surveillance une fois par an. Il doit aussi suivre un mode de vie organisé et sain et se soumettre à la régularité quotidienne dans la prise de médicaments, faire de l’exercice, éviter de manger du sucre et du sel, boire beaucoup d’eau.

Pr Karim Boudjema avait participé au lancement des opérations de transplantation hépatique à Alger, à travers 04 ou 03 opérations. Il a fourni une assistance à une équipe médicale à Batna pour effectuer un certain nombre de greffes de foie. Il a eu, également, une expérience à l’Hôpital Militaire de Constantine avec un staff médical, où il avait effectué une greffe de foie.

Le professeur espère  que de telles opérations se poursuivront en Algérie, car les capacités sont disponibles et l’expertise médicale algérienne est distinguée et la volonté est là. Il a regretté l’absence de telles opérations en Algérie à l’heure actuelle.

Il plaide pour la continuité ce qui a été réalisé auparavant dans le domaine de la transplantation hépatique.  « Les médecins algériens sont capables d’atteindre l’excellence, nous devons donc nous concentrer sur  la formation », dit-il. Et d’ajouter que rien n’empêche ce type d’opération en Algérie, au lieu que des Algériens se rendent en France et en Turquie pour subir une greffe du foie.

« Aujourd’hui, l’Algérie a besoin d’une sorte d’organisation, pour ressusciter ce type d’opération et se concentrer un peu sur le côté formation », conclut Pr Boudjema .

Nouhad Ourebzani

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