L’Algérie a célébré, ce mardi 3 mars 2026, la Journée mondiale de lutte contre l’obésité, organisée cette année sous le slogan « Ensemble, nous pouvons changer l’histoire de l’obésité ». La cérémonie officielle s’est tenue à l’auditorium du ministère de la Santé, sous la présidence du secrétaire général du ministère, Mohamed Talhi, représentant le ministre de la Santé, le Pr Mohamed Seddik Aït Messaoudène.
L’événement a enregistré la présence de l’ambassadrice du Danemark en Algérie, Mme Katrine From Høyer, de la directrice du programme de ONUSIDA en Algérie, Mme Souraya Allem, ainsi que de la représentante du bureau algérien de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Des experts, des cadres de l’administration centrale et des représentants de différents secteurs ont également pris part à cette rencontre dédiée à un enjeu de santé publique devenu prioritaire.
Une maladie chronique aux conséquences multiples
Dans l’allocution prononcée à cette occasion au nom du ministre, il a été rappelé que l’obésité ne peut plus être considérée comme une simple question d’apparence ou de poids. Elle est désormais reconnue comme une maladie chronique complexe, constituant un facteur de risque majeur pour plusieurs pathologies graves.
Parmi celles-ci figurent le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, l’hypertension artérielle et certains types de cancers. Au-delà de ses répercussions physiques, l’obésité engendre également des conséquences psychologiques et sociales significatives, affectant la qualité de vie et l’intégration sociale des personnes concernées.
Le ministre a souligné que les mutations profondes des modes de vie observées ces dernières années ont contribué à l’augmentation des cas d’obésité. La transformation des habitudes alimentaires, marquée par une consommation accrue de produits riches en sucres, en graisses et en sel, combinée à la diminution de l’activité physique, a favorisé la progression de ce phénomène.
Une responsabilité collective et une mobilisation multisectorielle
Face à cette situation, les autorités sanitaires insistent sur la nécessité d’une réponse globale et coordonnée, tant au niveau national qu’international. Le ministre a ainsi rappelé que la lutte contre l’obésité constitue une responsabilité collective impliquant l’ensemble des acteurs : pouvoirs publics, institutions internationales, professionnels de santé, secteurs économiques et société civile.
Il a salué l’engagement constant des partenaires internationaux, notamment les agences des Nations unies, ainsi que la collaboration des responsables des instances nationales et des représentants des différents ministères concernés.
Dans ce cadre, le gouvernement a renforcé la stratégie nationale de promotion de la santé à travers un plan national multisectoriel de lutte intégrée contre les facteurs de risque. Ce plan est mis en œuvre en coordination avec les secteurs du commerce, de l’industrie, de l’agriculture et de l’éducation nationale, en plus de l’implication active du mouvement associatif.
Des campagnes de sensibilisation sont organisées à travers le territoire national pour promouvoir une alimentation équilibrée, encourager la pratique régulière d’activités physiques et lutter contre le tabagisme.
Un guide national pour améliorer la prise en charge
Parmi les mesures concrètes annoncées figure l’élaboration et la diffusion du « Guide national de prise en charge de l’obésité ». Ce document de référence est destiné aux professionnels de la santé afin de renforcer leur compréhension de la maladie et d’améliorer les stratégies de prévention et de prise en charge précoce.
Selon le ministre, ce guide constitue une étape essentielle pour structurer l’action médicale et harmoniser les pratiques sur le terrain. Il vise à favoriser un diagnostic plus rapide et un accompagnement adapté des patients.
La prévention en milieu scolaire, un axe prioritaire
Un second guide complémentaire est également en préparation avec l’appui de l’UNICEF. Il sera consacré à la prévention et à la lutte contre l’obésité en milieu scolaire.
L’objectif est d’ancrer dès le plus jeune âge une culture de l’alimentation saine et de l’activité physique régulière, en intégrant l’éducation nutritionnelle dans les programmes pédagogiques. Les autorités entendent ainsi renforcer le rôle de l’école et de la famille dans la construction de comportements sains et durables.
Pour le ministère de la Santé, la prévention doit commencer dès l’enfance. Investir dans les générations montantes apparaît comme la stratégie la plus efficace pour inverser durablement la courbe de progression de l’obésité.
Des efforts à poursuivre
Malgré les avancées réalisées, les responsables reconnaissent que des efforts supplémentaires demeurent nécessaires, notamment pour intégrer davantage de mesures visant à réduire la consommation excessive de sucre, de sel et de graisses, en particulier dans la restauration collective.
En conclusion, le ministre a appelé à une mobilisation soutenue et à une volonté commune afin d’inverser la tendance actuelle et de garantir un avenir plus sain aux enfants algériens. Il a rappelé que la santé constitue une richesse précieuse pour chaque citoyen et qu’elle doit être préservée dans le cadre d’une société fondée sur l’équilibre et le bien-être.
Nora S.
