Le mois d’octobre est chaque année synonyme de sensibilisation des femmes pour un dépistage précoce du cancer du sein. Il faut dire qu’il y avait foule hier et qu’il y a foule ce matin au niveau de la Grande Poste, là où est stationné le bus qui doit servir à cette occasion, et le lieu d’où doit démarrer la campagne de dépistage.
C’est une belle initiative que celle prise par la Société Guedila des Eaux Minérales de faire dépister les femmes contre le cancer du sein. Elles sont nombreuses en cette journée de jeudi, comme elles l’ont été, à se rapprocher de l’équipe détachée par l’entreprise organisatrice et du médecin, Dr Amina Abdelouahab, sénologue au CPMC, qui procède à un examen clinique sur chacune des femmes avant de leur délivrer un coupon pour une mammographie gratuite, à la charge de la Société Guedila.

Le bus appartenant à l’entreprise Etusa, apprêté pour la célébration d’Octobre rose et pour accueillir la gent féminine, ne manque pas d’attirer l’attention des femmes qui passent par là et saisissent l’occasion qui leur est offerte de se faire dépister gratuitement.
« Je trouve que ce geste honore son organisateur tout autant que les médecins qui sont sur le terrain et accomplissent cette tâche qui consiste en le dépistage précoce du cancer du sein » a relevé Samia, une femme de 46 ans qui s’apprêtait à rejoindre la chaîne. Elle s’est montrée enthousiasmée par le fait qu’une entreprise ait pu entreprendre une telle action.
Fatiha a quant à elle fait remarquer que la gratuité de la mammographie convient à de nombreuses femmes découragés par les tarifs très élevés. « Beaucoup d’entre elles ne se font pas dépister faute de moyens et c’est ainsi que certaines passent malheureusement devant une tumeur qui finit par se développer » déplore-t-elle.

C’est aussi l’avis de Souad qui dit ne pas pouvoir se soumettre régulièrement à un dépistage en raison de son coût dans les différents centres d’imagerie médicale. « Ma dernière mammographie, avec une échographie mammaire, remonte à plus de six ans, je ne peux pas me permettre de payer 4.000 DA ou plus alors que je ne travaille pas et que le budget familial est juste moyen, tout en étant consciente que je m’en prive au détriment de ma santé ». Cruel dilemme que celui de devoir choisir entre nourrir sa famille et s’occuper de sa santé, doit-on dire.
La caravane sillonnera l’ensemble des wilaya du pays. De la capitale, elle se déplacera demain vendredi vers l’ouest du pays, d’abord à Oran et ensuite à Tlemcen. Il faut souhaiter que cette notion d’entreprise citoyenne fasse boule de neige et que les entreprises investissent dans des actions de mécénat à l’endroit des populations.
Reportage réalisé par Rachida Merkouche
