Intervenant sur la chaîne d’Esseha.dz, le Pr Abchiche a fait savoir que durant ces 20 jours du mois de Ramadhan, 299 brûlés dont 21 cas très graves ont été pris en charge dans son service. Malheureusement, 7 décès ont été enregistrés parmi ces victimes d’accidents domestiques. Un bilan lourd, comparé à l’année 2022 où 491 cas dont 45 hospitalisations ont été enregistrés durant tout le mois de Ramadhan au niveau de la clinique des brûlés « Claudine et Pierre Chaulet » (ex Pasteur) d’Alger. « Si nous continuons sur ce rythme, nous dépasserons les statistiques de l’an dernier surtout que les chiffres enregistrés jusqu’à présent ne concernent que la capitale et ses alentours, nous n’avons pas comptabilisé les victimes des autres régions du pays », a alerté le Pr Abchiche.
Selon le spécialiste, ce sont les enfants qui figurent en tête de la liste des victimes de ces accidents domestiques, très fréquents durant le mois de jeûne. « Les accidents se produisent la plupart du temps, avant le ftour et le s’hour, où tout le monde se bouscule dans la cuisine, vaquant aux derniers préparatifs du repas. Les brûlures sont généralement causées par des liquides comme la chorba, l’huile de friture mais encore la tabouna, utilisée pour la cuisson du pain traditionnel ».
Pour le Pr Abchiche, il est impératif d’agir en amont pour limiter la survenue de ces accidents et ce, en faisant de la prévention. « Il y a trois types de prévention. La prévention primaire, consiste à lutter impérativement contre ces accidents pour empêcher leur survenue. A notre niveau, nous multiplions les mises en garde, à travers les médias notamment, en recommandant aux parents de ne pas laisser leurs enfants entrer dans la cuisine au moment de la préparation du repas, concernant la tabouna, elle doit être placée sur un plan surélevé pour être inaccessibles aux enfants,… ».
Le Pr Abchiche a profité de l’opportunité de son intervention sur Esseha.dz pour expliquer la conduite à tenir en cas d’accident. « En cas de brûlure, il faut immédiatement enlever les vêtements pris par les flammes. La règle, c’est de placer la brûlure à 15 cm du robinet et de la maintenir ainsi sous un jet de 15° pendant 15 minutes. On peut ensuite bander la brûlure avec du tulle gras ou un tissu propre mais il ne faut en aucun cas utiliser de la glace, du dentifrice, de la tomate ou du café. Ces gestes très répandus peuvent aggraver la blessure. Il est impératif de conduire la victime à l’hôpital le plus proche pour que le médecin la prenne en charge selon la gravité de la brûlure ». Pour le chef de service, « le transfert vers la structure hospitalière doit se faire en urgence car le brûlé risque de perdre du plasma qui peut entraîner des complications mortelles », précisant que c’est un retard de réanimation qui a été la cause de la plupart des décès enregistrés durant ce mois de Ramadhan ». Concernant la prévention secondaire, le Pr Abchiche a indiqué qu’en cas de brûlure estimée à 10% chez un enfant, le médecin doit impérativement le mettre sous perfusion. Une brûlure guérit généralement au bout de 21 jours, sinon, dans les cas graves, la greffe est préconisée. A ce titre, le spécialiste a précisé qu’il n’est pas nécessaire de transférer les victimes sur Alger qu’en cas de gravité.
Pour ce qui est de la troisième phase de prévention, le Pr Abchiche a indiqué qu’une brûlure surtout lorsqu’elle est grave laisse des séquelles aussi bien physiques que psychologiques et le brûlés subit un traitement chirurgical lourd qui s’étend sur de nombreuses années, d’où l’importance de rester vigilant et de ne pas minimiser la gravité des brûlures domestiques.
Hassina Amrouni
