Les autorités sanitaires européennes ont renforcé les mesures de précaution concernant certains contraceptifs hormonaux contenant des progestatifs, après la mise en évidence d’un lien entre leur utilisation prolongée et un risque accru de méningiome, une tumeur qui se développe au niveau des membranes entourant le cerveau et la moelle épinière.
Cette alerte, publiée le 15 juillet 2026, concerne principalement les femmes utilisant ces traitements pendant plus de douze mois. Selon les données disponibles, le risque absolu demeure très faible, estimé à environ un cas pour 67 300 utilisatrices, mais il augmente avec la durée d’exposition au traitement.
Les nouvelles recommandations s’appuient notamment sur les travaux de l’organisme français EPI-PHARE, qui ont identifié un risque associé à deux molécules largement prescrites.
La première est le désogestrel, un progestatif présent dans plusieurs pilules contraceptives parmi les plus utilisées, notamment Cerazette, Optimizette, Antigone, Elfasette, ainsi que leurs versions génériques. En France, environ 1,3 million de femmes utilisent des contraceptifs à base de cette molécule.
La seconde est l’étonogestrel, appartenant à la même famille chimique. Cette substance est utilisée dans les implants contraceptifs sous-cutanés, comme Nexplanon, mais également dans certains anneaux vaginaux.
Le méningiome est une tumeur qui prend naissance dans les membranes protégeant le cerveau et la moelle épinière. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’une tumeur bénigne, c’est-à-dire non cancéreuse, dont la croissance est généralement lente. Toutefois, en augmentant progressivement de volume ou en raison de sa localisation dans la boîte crânienne, elle peut exercer une compression sur des structures nerveuses essentielles et provoquer des complications neurologiques parfois importantes.
Les autorités sanitaires invitent les femmes concernées à consulter rapidement un professionnel de santé en cas d’apparition de symptômes inhabituels pouvant évoquer un méningiome. Parmi les signes d’alerte figurent des maux de tête persistants et évolutifs, une altération de la vision, une diminution de l’odorat ou de l’audition, des bourdonnements ou sifflements d’oreilles, des troubles de la mémoire, des convulsions, ainsi qu’une faiblesse inexpliquée d’un bras ou d’une jambe.
La vigilance doit être renforcée chez les femmes ayant déjà reçu d’autres traitements progestatifs connus pour augmenter le risque de méningiome, notamment ceux contenant de la cyprotérone, du nomégestrol, de la chlormadinone ou de la médroxyprogestérone.
À la lumière de ces nouvelles données, les recommandations de prescription évoluent. Les contraceptifs contenant du désogestrel ou de l’étonogestrel sont désormais formellement contre-indiqués chez les femmes présentant un antécédent de méningiome ou souffrant actuellement de cette pathologie.
Par ailleurs, si un méningiome est diagnostiqué chez une femme utilisant l’un de ces contraceptifs, le traitement devra être interrompu immédiatement, conformément aux nouvelles consignes de sécurité adoptées par les autorités sanitaires européennes.
Nouhad Ourebzani
