Certaines maladies respiratoires, longtemps traitées séparément, pourraient en réalité être différentes manifestations d’un même dérèglement du système immunitaire. C’est l’un des principaux enseignements de l’Algeria ADVENT Forum Respi 2026, organisé à Alger par Sanofi Algérie.
La rencontre a réuni une centaine de professionnels de santé, notamment des pneumologues, des spécialistes ORL et des immunologues, autour des avancées dans la prise en charge de l’asthme sévère, de certaines formes de bronchopneumopathie chronique obstructive, plus connue sous le nom de BPCO, et de la polypose naso-sinusienne, caractérisée par la formation de polypes dans le nez et les sinus.
Chez certains patients, ces maladies partagent un mécanisme commun appelé « inflammation de type 2 ». En termes simples, le système immunitaire réagit de manière excessive et entretient une inflammation chronique dans les bronches, le nez ou les sinus.
Cette découverte change la manière de soigner les malades. Jusqu’à présent, le traitement reposait surtout sur le nom de la maladie et sur les symptômes observés. Désormais, les médecins cherchent aussi à comprendre ce qui se passe dans l’organisme du patient.
Deux personnes souffrant d’asthme sévère peuvent, par exemple, présenter des mécanismes inflammatoires différents. Elles ne répondront donc pas forcément de la même façon au même traitement. L’objectif est de proposer une médecine plus personnalisée, adaptée au profil biologique de chacun.
Pour cela, les spécialistes peuvent s’appuyer sur des biomarqueurs, c’est-à-dire des indices mesurables dans le sang, les sécrétions ou les voies respiratoires. Ces éléments permettent de mieux identifier le type d’inflammation, d’évaluer le risque de crises et de choisir le traitement le plus approprié.
Cette approche est particulièrement importante pour les patients dont la maladie reste mal contrôlée malgré les traitements habituels. Certains continuent à souffrir de crises répétées, d’essoufflement, de toux, de troubles du sommeil ou d’une limitation importante de leurs activités quotidiennes. Le forum a rappelé que de nombreux besoins médicaux restent encore insuffisamment couverts.
Les biothérapies font partie des avancées les plus importantes dans ce domaine. Ces traitements ciblent des mécanismes précis de l’inflammation, contrairement aux médicaments qui agissent de façon plus générale.
Chez certains patients bien sélectionnés, elles peuvent réduire le nombre de crises, améliorer la respiration, diminuer les symptômes et limiter le recours répété aux corticoïdes. Elles ne conviennent toutefois pas à tous les malades et doivent être prescrites après une évaluation spécialisée.
Le forum a également mis en avant un objectif encore plus ambitieux : la rémission. Il ne s’agit pas forcément d’une guérison définitive, mais d’une période durable pendant laquelle la maladie devient très peu active, avec peu ou pas de symptômes, moins de crises et une meilleure qualité de vie.
Cette évolution suppose de repérer plus tôt les patients à risque et de ne pas traiter chaque problème séparément. Une personne souffrant d’asthme sévère peut aussi présenter des polypes nasaux, des allergies ou d’autres maladies inflammatoires. Si ces troubles ne sont pas pris en charge ensemble, ils peuvent entretenir les symptômes et réduire l’efficacité des traitements.
La collaboration entre pneumologues, ORL, allergologues, immunologues et médecins généralistes devient donc essentielle. Le programme scientifique du forum a accordé une place importante aux cas cliniques complexes et au travail commun entre la pneumologie et l’ORL.
Le message adressé au grand public est simple : toutes les maladies respiratoires ne se ressemblent pas, même lorsqu’elles provoquent des symptômes proches. Mieux comprendre le type d’inflammation propre à chaque patient permet de mieux choisir les traitements.
L’avenir de la prise en charge reposera ainsi sur une médecine plus précise, plus personnalisée et mieux coordonnée entre les spécialistes, avec une ambition nouvelle : ne plus seulement réduire les symptômes, mais aider certains patients à vivre durablement avec une maladie presque silencieuse.
Tinhinane B
