Ebola : deux nouveaux vaccins expérimentaux et plusieurs traitements à l’essai face à une épidémie meurtrière

La recherche médicale contre Ebola franchit une nouvelle étape. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, mercredi 4 novembre 2026, que deux nouveaux vaccins expérimentaux pourraient prochainement intégrer un essai clinique en République démocratique du Congo (RDC), où une importante épidémie continue de provoquer de nombreux décès. Parallèlement, plusieurs traitements sont actuellement évalués pour tenter d’améliorer la survie des patients infectés.

Cette annonce intervient alors que la RDC fait face à une épidémie provoquée par le virus Bundibugyo, l’un des virus responsables de la maladie à virus Ebola. Selon les dernières données épidémiologiques détaillées publiées par l’OMS le 23 octobre, le pays avait enregistré, au 20 octobre, 9 704 cas confirmés et 4 687 décès, soit une létalité de 48,3 %. La maladie s’est également propagée au-delà des frontières congolaises, avec des cas signalés notamment au Kenya et au Nigeria.

Les deux vaccins candidats, baptisés ChAdOx1 et mRNA-1469, ont été retenus par un groupe d’experts indépendants réunis par l’OMS. Le premier a été développé par l’université d’Oxford, en collaboration avec le Serum Institute of India, tandis que le second, conçu par Moderna, repose sur la technologie de l’ARN messager, également utilisée dans certains vaccins contre la Covid-19. Leur intégration à l’essai clinique reste soumise aux autorisations des autorités nationales compétentes.

L’intérêt de ces nouveaux vaccins réside dans leur conception spécifiquement orientée contre le virus Bundibugyo. Si des vaccins efficaces existent déjà contre la maladie provoquée par le virus Ebola historiquement appelé Zaïre, leur efficacité contre les autres virus responsables d’Ebola n’est pas établie. À ce jour, aucun vaccin n’est homologué spécifiquement contre la maladie causée par Bundibugyo.

Les deux nouveaux candidats doivent rejoindre l’essai clinique Tumaini, conduit sous la direction de l’Institut national de recherche biomédicale de RDC, avec plusieurs partenaires scientifiques et sanitaires internationaux. Cette recherche repose notamment sur une stratégie dite de « vaccination en anneau », qui consiste à vacciner des personnes ayant été en contact avec un malade confirmé afin de déterminer si cette intervention permet de limiter la transmission du virus.

Cette méthode avait déjà contribué à démontrer l’efficacité d’un vaccin contre le virus Ebola de type Zaïre lors de précédentes épidémies en Afrique de l’Ouest. Son utilisation contre Bundibugyo pourrait permettre de recueillir des données essentielles sur la capacité des nouveaux vaccins à protéger les populations exposées. Les premiers résultats de l’essai vaccinal sont attendus au début de l’année 2027.

En parallèle, l’OMS soutient plusieurs recherches consacrées aux traitements. L’essai clinique PARTNERS, lancé en juillet 2026, évalue notamment un traitement à base d’anticorps monoclonaux, appelé MBP134, ainsi que le remdesivir, un médicament antiviral. Les chercheurs étudient ces produits séparément et en association, afin de déterminer s’ils peuvent améliorer les chances de survie des personnes infectées. Un autre traitement expérimental, le maftivimab, devrait également être intégré à cette recherche.

Une étude complémentaire examine par ailleurs l’utilisation de l’obeldesivir après une exposition au virus, dans l’objectif de déterminer si ce médicament pourrait empêcher le développement de la maladie. Ces différentes approches restent expérimentales et leur efficacité contre Bundibugyo doit encore être démontrée. Les premiers résultats des essais thérapeutiques sont attendus dans les prochains mois.

La maladie à virus Ebola est une infection grave qui peut provoquer une fièvre élevée, une fatigue intense, des douleurs musculaires, des vomissements, des diarrhées et, dans certains cas, des complications hémorragiques. Elle se transmet principalement par contact direct avec le sang ou d’autres liquides biologiques d’une personne infectée présentant des symptômes, ainsi que par contact avec des objets contaminés.

En l’absence de vaccin homologué ou de traitement spécifique dont l’efficacité est établie contre Bundibugyo, la lutte contre l’épidémie repose toujours sur la détection rapide des cas, leur isolement, la prise en charge médicale précoce, la recherche des personnes ayant été exposées et le renforcement des mesures de prévention dans les établissements de santé.

Pour l’OMS, les progrès de la recherche constituent néanmoins une perspective importante face à une épidémie particulièrement meurtrière. Les nouveaux essais pourraient non seulement contribuer à améliorer la riposte actuelle, mais aussi permettre de disposer, à l’avenir, de moyens de prévention et de traitements adaptés à différentes formes de la maladie à virus Ebola.

Au-delà des résultats attendus, ces recherches illustrent également l’importance de conduire des essais cliniques directement dans les régions confrontées aux épidémies, avec la participation des institutions scientifiques africaines. Une démarche essentielle pour développer des réponses médicales adaptées aux besoins des populations les plus exposées.

Ouiza Lataman

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