Cancer du sein : un essai teste une nouvelle hormonothérapie pour mieux prévenir les récidives tardives

Chez les femmes atteintes d’un cancer du sein hormonosensible, le risque de récidive peut persister longtemps après la fin des premiers traitements. Un vaste essai international, baptisé ELEGANT, cherche à savoir si une nouvelle hormonothérapie orale peut mieux protéger les patientes à haut risque que les traitements actuellement utilisés. Les résultats ne sont toutefois pas encore disponibles.

Pour une grande partie des cancers du sein sensibles aux hormones, la prise en charge ne s’arrête pas à la chirurgie, à la radiothérapie ou à la chimiothérapie. Une hormonothérapie est généralement prescrite pendant plusieurs années afin de réduire le risque de voir la maladie réapparaître.

Cette stratégie a permis d’améliorer considérablement le pronostic, mais elle ne supprime pas totalement le risque de récidive. Celui-ci peut se prolonger sur de nombreuses années, en particulier lorsque la maladie a atteint les ganglions lymphatiques au moment du diagnostic.

C’est cette situation que cherche à mieux prévenir l’essai international ELEGANT. Cette étude de phase III prévoit d’inclure plus de 4 000 femmes et hommes atteints d’un cancer du sein précoce, positif aux récepteurs aux œstrogènes, négatif pour HER2 et associé à une atteinte ganglionnaire.

Les participants doivent avoir déjà suivi entre deux et cinq années d’hormonothérapie. Une partie d’entre eux poursuit ensuite un traitement endocrinien classique, tandis que l’autre reçoit de l’élacestrant, une molécule administrée par voie orale qui agit directement sur le récepteur aux œstrogènes.

L’objectif est de déterminer si cette stratégie peut réduire davantage le risque de récidive invasive ou d’apparition de métastases à distance.

L’intérêt scientifique est important, car les cancers du sein hormonosensibles ont une particularité : contrairement à certaines formes plus agressives qui rechutent surtout dans les premières années, leur risque de récidive peut persister longtemps, parfois bien au-delà de cinq ans.

La recherche cherche donc aujourd’hui à mieux identifier les patientes qui restent véritablement exposées à ce risque et à adapter la durée ou le type de traitement en conséquence.

Mais l’essai ELEGANT ne permet pas encore de conclure que cette nouvelle hormonothérapie est plus efficace que les traitements actuels. Il devra également déterminer si les bénéfices éventuels compensent les effets indésirables d’un traitement pris pendant plusieurs années et quel est son impact sur la qualité de vie.

L’enjeu dépasse ainsi la simple arrivée d’un nouveau médicament. Il s’agit surtout de répondre à une question fréquente en cancérologie mammaire : chez les patientes qui ont déjà reçu plusieurs années d’hormonothérapie mais restent exposées à un risque élevé de rechute, peut-on encore réduire ce risque sans alourdir inutilement le traitement ?

Amina Azoune

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