L’Algérie franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son système pharmaceutique. Le 13 juillet 2026, Alger accueillera la deuxième édition de la Conférence annuelle des pharmaciens des établissements pharmaceutiques (CAPEP 2026), organisée par l’Association nationale des pharmaciens algériens (ANPHA). Placée sous le thème « Exigences réglementaires et disponibilité des produits de santé : la responsabilité pharmaceutique au cœur de l’équilibre », cette édition sera marquée par le lancement du tout premier Algeria Regulatory Forum, un espace inédit de réflexion consacré à l’évolution de la réglementation pharmaceutique en Algérie.
Organisée sous le parrainage du ministre de l’Industrie pharmaceutique, cette rencontre se tiendra à l’hôtel Marriott de Bab Ezzouar et réunira les principaux acteurs du secteur : représentants des ministères, de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), de l’industrie pharmaceutique, des établissements de santé, ainsi que des experts algériens et internationaux.
Au-delà d’un simple rendez-vous scientifique, CAPEP 2026 ambitionne d’accompagner la transformation du système réglementaire algérien à un moment où le pays accélère le développement de son industrie pharmaceutique et cherche à consolider sa souveraineté sanitaire. Les débats porteront sur les mécanismes permettant de garantir une disponibilité durable des médicaments et des dispositifs médicaux, tout en assurant le respect des standards internationaux de qualité, de sécurité et d’efficacité.
La conférence s’ouvrira par une analyse de l’écosystème réglementaire pharmaceutique national. Les intervenants dresseront un état des lieux des réformes engagées, des avancées enregistrées et des défis qui restent à relever. Le secrétaire général de l’ANPHA, le Dr Mohamed Ikbal Mihoubi, présentera notamment les résultats du Baromètre CAPEP 2026, une enquête destinée à mesurer les attentes et les préoccupations des professionnels du secteur.
Plusieurs sessions thématiques exploreront ensuite les grands enjeux de la régulation pharmaceutique. Les échanges porteront sur la sécurisation de l’approvisionnement en médicaments, les nouveaux leviers réglementaires, la gouvernance du secteur, ainsi que sur le niveau de maturité réglementaire de l’Algérie. Cette dernière thématique sera enrichie par la participation d’un représentant de l’Organisation mondiale de la Santé en Algérie, tandis qu’une intervention consacrée à l’expérience égyptienne permettra d’offrir un éclairage comparatif sur les modèles régionaux de régulation.
La nouvelle politique pharmaceutique nationale figurera également parmi les temps forts de la rencontre. Les responsables du ministère de l’Industrie pharmaceutique présenteront les projets en cours et les perspectives visant à renforcer la compétitivité de l’industrie locale, dans un contexte où la production nationale est appelée à jouer un rôle central dans la réduction de la dépendance aux importations.
Un panel réunira ensuite des représentants des pouvoirs publics et des industriels autour de la question de la fabrication locale et de la souveraineté sanitaire. Les participants s’interrogeront sur les indicateurs de performance permettant de mesurer la création de valeur et l’efficacité des politiques publiques destinées à soutenir le développement du secteur pharmaceutique.
La dernière séquence de la matinée sera consacrée aux évolutions réglementaires les plus récentes. Les experts de l’ANPP, du ministère de l’Industrie pharmaceutique et du laboratoire AstraZeneca aborderont des sujets devenus incontournables, tels que la sérialisation des médicaments, la transformation numérique des processus réglementaires et les nouvelles exigences en matière de gestion de l’information produit.
L’après-midi sera résolument tournée vers la pratique avec six ateliers spécialisés. Les participants pourront approfondir des thématiques stratégiques comme la traçabilité des médicaments en partenariat avec Novo Nordisk, les essais cliniques et l’exploitation des données de vie réelle, la pharmacovigilance, la gestion des risques des dispositifs médicaux selon la norme ISO 14971, la rédaction des dossiers réglementaires CMC, ainsi que le management des projets en affaires réglementaires.
En réunissant autorités de régulation, industriels, pharmaciens, experts et partenaires internationaux autour d’un même objectif, CAPEP 2026 confirme sa vocation de plateforme nationale de référence pour la réglementation pharmaceutique. Le lancement du premier Algeria Regulatory Forum témoigne de la volonté de structurer un dialogue permanent entre les différents acteurs afin d’accompagner la modernisation du cadre réglementaire, de favoriser l’innovation et de garantir un accès durable des patients algériens à des produits de santé sûrs, efficaces et de qualité.
Tinhinane B
