Fatigue en fin de Ramadhan: Comprendre les mécanismes du corps pour mieux retrouver son énergie

A l’approche de la fin du Ramadhan, de nombreuses personnes ressentent une fatigue plus intense que durant les premières semaines du jeûne. Difficultés à se concentrer, sensation d’épuisement en journée ou manque d’énergie au réveil : ces signes sont fréquents. Ils ne sont pourtant pas uniquement liés au jeûne lui-même, mais surtout aux adaptations physiologiques que le corps traverse durant ce mois sacré.
D’un point de vue scientifique, plusieurs facteurs expliquent cette fatigue progressive. Le premier concerne le rythme circadien, c’est-à-dire l’horloge biologique interne qui régule le sommeil, l’éveil et la production hormonale. Pendant le Ramadhan, les horaires de repas et de sommeil sont décalés. Le réveil très matinal pour le s’hour et les soirées prolongées perturbent la sécrétion de certaines hormones comme la mélatonine, qui régule le sommeil et le cortisol, impliqué dans l’éveil et l’énergie. Cette désynchronisation peut entraîner une sensation de fatigue accumulée au fil des jours.
Le second facteur est métabolique. Pendant la journée de jeûne, l’organisme puise d’abord dans ses réserves de glucose, puis mobilise progressivement les graisses pour produire de l’énergie. Ce mécanisme est normal et même bénéfique pour le métabolisme mais il peut provoquer une baisse de tonus si les apports nutritionnels du soir ne sont pas équilibrés. Les repas très riches en sucres rapides, par exemple, provoquent des variations importantes de glycémie, suivies d’une sensation de fatigue. Pour limiter ces fluctuations, il faut privilégier des aliments à index glycémique modéré : céréales complètes, légumineuses, fruits et protéines maigres. Ces nutriments permettent une libération d’énergie plus stable et évitent les « coups de fatigue » après le repas.
L’hydratation joue également un rôle déterminent. Une déshydratation même légère peut réduire les performances physiques et cognitives. Elle se manifeste souvent par des maux de tête, une sensation de lourdeurs ou une baisse de concentration. Les experts conseillent donc de répartir la consommation d’eau entre le f’tour et le s’hour, en petites quantités régulières.
La récupération passe aussi par le sommeil. Plusieurs études sur les rythmes de sommeil montrent qu’une sieste courte de 20 à 30 minutes peut améliorer la vigilance et réduire la fatigue mentale. Ce repos bref permet au cerveau de récupérer sans perturber l’endormissement nocturne.
Enfin, contrairement à une idée répandue, une activité physique modérée peut aider à combattre la fatigue. Une marche légère après le f’tour stimule la circulation sanguine, améliore l’oxygénation des muscles et favorise la digestion.
Hassina Amrouni

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