Télétravail: Une étude met en lumière ses effets sur la santé mentale

Selon une nouvelle étude scientifique, réalisée par une équipe de chercheurs américains et publiée le 4 juin 2026 dans la revue Science, le télétravail pourrait avoir des conséquences moins positives qu’il n’y paraît sur le bien-être psychologique des salariés. Si cette organisation du travail est souvent saluée pour la liberté qu’elle offre et le temps qu’elle permet d’économiser, elle pourrait également favoriser l’isolement social et, à terme, fragiliser la santé mentale.
Depuis plusieurs années, le travail à distance s’est imposé dans de nombreux secteurs. Il séduit par ses nombreux avantages : suppression des trajets quotidiens, meilleure gestion des horaires, environnement de travail plus calme que certains bureaux collectifs et, dans certains cas, réduction de l’empreinte environnementale liée aux déplacements. Pourtant, derrière ces bénéfices se cache une réalité plus nuancée.
Cette étude s’est intéressée aux effets du télétravail sur le psychisme des travailleurs, un aspect souvent relégué au second plan derrière les questions de productivité. Pour mener leurs travaux, les chercheurs ont analysé les résultats de cinq grandes en quêtes nationales américaines couvrant une période de plus de 10 ans. Au total, les données de 568000 personnes ont été examinées.
Les auteurs ont comparé la situation des salariés exerçant des métiers compatibles avec le télétravail avant la pandémie de Covid-19, entre 2011 et 2019, avec celle observée après la crise sanitaire, entre 2022 et 2024. Les années 2020 et 2021 ont volontairement été écartées afin d’éviter que les effets des confinements et du contexte sanitaire exceptionnels ne faussent les résultats.
Le constat est clair : après la pandémie, les personnes travaillant à distance ont passé davantage de temps seules. Cette évolution s’est accompagnée d’une dégradation de leur bien-être mental ainsi que d’une augmentation du recours aux services spécialisés en santé mentale et aux prescriptions médicales associées. Les effets observés se sont révélés encore plus importants chez les individus vivant seuls.
Les chercheurs soulignent toutefois certaines limites. Les données étudiées s’arrêtent en 2024 et ne permettent donc pas de mesurer d’éventuelles adaptations survenues par la suite. Certaines personnes ont pu compenser l’isolement professionnel grâce à une vie sociale active, un engagement associatif ou encore une pratique sportive régulière.
Pour limiter les risques liés à cette solitude accrue, les scientifiques recommandent aux entreprises de conserver des temps de présence au bureau, idéalement coordonnés entre collègues. Ils encouragent également le maintien d’échanges informels à distance, via des discussions spontanées, des appels ou des réunions moins formelles. Quant aux télétravailleurs, ils gagneraient à multiplier les occasions de créer du lien en dehors du cadre professionnel.
Synthèse
Hassina Amrouni

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