Dans le sillage de l’agression barbare dont a été victime le personnel de la pharmacie du Dr Kamel Tabti, sise à Bab-Ezzouar, Esseha s’est rapprochée du Pr Rachid Belhadj, spécialiste en médecine légale, qui s’est exprimé autour de ce phénomène jadis, étranger à notre société, mais qui, aujourd’hui, a tendance à prendre de l’ampleur. Selon le Pr Belhadj, « les pharmaciens ont déjà été victimes, par le passé de ce genre d’agression, notamment, ceux installés dans le secteur privé (…). C’est l’une des raisons pour laquelle l’article 149 bis, a été amendé en 2020, durant la période du Covid, par le président de la République ». Il a également précisé que « l’article rapporte toutes les infractions punies par la loi et contre lesquelles tous les personnels de santé dont les pharmaciens, activant dans le secteur public ou privé, sont protégés ».
Concernant l’attaque perpétrée à l’encontre de la pharmacie de Bab-Ezzouar, le Pr Belhadj a fait savoir que les services de médecine légale du CHU Mustapha, en coordination avec le tribunal de Dar-el Beida et les services de la police judiciaire territorialement compétente ont pris en charge et délivré des certificats médicaux-légaux aux travailleurs de la pharmacie, victimes de l’agression, pour leur permettre de déposer plainte. Le spécialiste a déploré ce qui s’est passé, précisant que « cela donne une mauvaise image de notre société, sachant que les vidéos ont largement été diffusées sur les réseaux sociaux ». Tout en notant que « ce phénomène n’est pas propre à l’Algérie », le Pr Belahadj a précisé que « des pharmaciens ont déjà été victimes par le passé d’agressions, de vols, de séquestrations… à la différence que cette fois, les images de l’agression ont été diffusées ».
Le Pr Belhadj a appelé le législateur algérien « à prendre des mesures strictes pour lutter contre ce fléau qui n’est pas nouveau mais qui a tendance à se généraliser avec la multiplication du nombre de consommateurs de psychotropes », confiant que « durant le mois écoulé, nous avons autopsié 5 jeunes victimes d’overdoses à l’ecstasy. Et 50% des jeunes qui arrivent aux urgences dans un état comateux ont consommé de la pregabaline, de l’ecstasy, de l’héroïne, de la cocaïne, … ». Pour le Pr Rachid Belhadj « cela doit nous amener à réfléchir à la mise en place d’un plan d’action efficient pour lutter contre ce fléau qui gangrène notre société et cela n’incombe pas uniquement au secteur de la santé ou aux services de sécurité. Tous les secteurs doivent être partie prenante ».
Hassina Amrouni
