Pr Bilal Bengana :La goutte est sous-estimée par les praticiens et négligée par les patients

En marge du 21ème Congrès de la Ligue algérienne anti-rhumatismale (LAAR) qui se tient à l’Aurassi les 4, 5 et 6 mai 2023, le Pr Bilal Bengana, maître de conférences en rhumatologie au CHU Beni Messous, a indiqué au micro d’Esseha.dz, que cette rencontre est l’occasion de revenir sur « les recommandations de la prise en charge de la maladie goutteuse » avec un survol des recommandations internationales (américaines, britanniques, françaises et européennes). Le Pr Bengana a également déclaré qu’il est question, lors de ce congrès, d’évoquer la « prise en charge de la crise de goutte, à savoir l’utilisation de la colchicine chez nos praticiens, à quelles doses ? » Selon le spécialiste, ce traitement « réputé pour sa toxicité », est aujourd’hui utilisé « à des doses plus légères » mais il peut, « en cas de contre-indication ou d’intolérance être remplacé par des corticoïdes, des anti-inflammatoires non stéroïdiens ou encore les anti-il1, le canakinumab ou l’anakinra ».

Le Pr Bengaga a également fait savoir l’arrivée sur le marché algérien d’un nouveau traitement, le fébuxostat, contre l’hyperuricémie, « un médicament au profil de tolérance acceptable avec une rapidité d’action et qui s’impose en cas d’intolérance ou de contre-indication à l’allopurinol ou en cas d’insuffisance rénale », a encore noté le spécialiste. Il a également évoqué d’autres traitements non disponibles en Algérie comme les uricosuriques ou encore la pegloticase, en émettant le souhait que ces médicaments soient prochainement disponibles en Algérie.

En conclusion, l’intervenant a affirmé que la goutte qui est un « rhumatisme très fréquent » est sous-estimé par les praticiens et négligé par les patients d’où une prise en charge qui n’est pas optimale chez nos patients ». Cette pathologie reste « fréquente en Algérie » surtout avec l’obésité et la généralisation des fast-foods, les boissons sucrées, d’où l’importance d’une « alimentation adéquate pour le patient goutteux, sans oublier la prise en charge des comorbidités qui doit englober une alimentation équilibrée, une perte de poids chez les sujets en surpoids et une activité physique régulière », a conclu le Pr Bilal Bengana.

Hassina Amrouni

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