Le service de cardiologie du Centre Hospitalo‑Universitaire d’Oran vient de réaliser un exploit médical majeur en Afrique en réussissant deux interventions inédites pour traiter l’insuffisance de la valve tricuspide grâce à la technologie innovante TriClip. Cette avancée place l’Algérie à l’avant-garde de la cardiologie interventionnelle sur le continent.
Ces deux interventions ont été réalisées sur des patientes âgées de 72 et 73 ans souffrant d’une insuffisance sévère de la valve tricuspide, une pathologie cardiaque complexe qui peut provoquer une fatigue intense, un essoufflement important et une dégradation rapide de la qualité de vie. Dans ces cas précis, la chirurgie classique à cœur ouvert représentait un risque élevé en raison de l’âge et de l’état de santé des patientes.
Grâce à la technique TriClip, les cardiologues ont pu intervenir sans recourir à une chirurgie lourde. La procédure consiste à introduire un dispositif miniature à travers une veine située au niveau de la cuisse, puis à le guider par cathéter jusqu’au cœur afin de corriger le dysfonctionnement de la valve. Le dispositif agit comme un petit « clip » qui rapproche les feuillets de la valve tricuspide, réduisant ainsi le reflux sanguin et améliorant la circulation.
Les deux interventions ont été menées par une équipe médicale algérienne spécialisée dirigée par la professeure Nadia Laaradj, avec la participation du docteur Aoumer et en collaboration avec l’expert italien Dr Marco Di Marco. Ce partenariat scientifique illustre l’importance de la coopération internationale dans le transfert des technologies médicales de pointe et dans le renforcement des compétences locales.
Selon la professeure Nadia Laaradj, la réussite de ces deux interventions constitue une étape historique pour la cardiologie en Algérie et en Afrique. Elle souligne que ce succès est le résultat d’un travail collectif et d’un effort constant de formation et de modernisation des techniques au sein du service de cardiologie du CHU d’Oran.

La technologie TriClip représente aujourd’hui une révolution dans la prise en charge des maladies valvulaires cardiaques. Contrairement à la chirurgie traditionnelle, cette technique mini-invasive réduit considérablement les risques opératoires, la durée d’hospitalisation et le temps de récupération pour les patients. Les interventions se déroulent généralement sous guidage échographique et radiologique, ce qui permet une grande précision dans la pose du dispositif.
Au-delà de la prouesse technique, cette avancée ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques pour de nombreux patients souffrant de maladies cardiaques complexes en Afrique. L’insuffisance de la valve tricuspide reste en effet une pathologie souvent sous-diagnostiquée et difficile à traiter, notamment chez les patients âgés ou fragiles pour lesquels la chirurgie traditionnelle peut s’avérer trop risquée.
En devenant le premier pays africain à adopter cette technique innovante, l’Algérie franchit une étape importante dans le développement de la cardiologie interventionnelle moderne. Cette réussite confirme également la capacité des équipes médicales nationales à maîtriser les technologies les plus avancées et à offrir aux patients des soins de niveau international.
Les responsables du service de cardiologie du CHU d’Oran espèrent désormais élargir l’utilisation de cette technique à un plus grand nombre de patients et renforcer davantage la formation des équipes médicales dans ce domaine. L’objectif est de faire de cet établissement hospitalier un véritable pôle d’excellence en cardiologie interventionnelle à l’échelle régionale et africaine.
Cette réalisation médicale marque ainsi un tournant important pour le système de santé algérien et constitue une source de fierté pour la communauté médicale nationale, tout en offrant un nouvel espoir aux patients atteints de pathologies cardiaques complexes.
Nouhad Ourebzani
