À l’approche du mois de Ramadan, le ministère de la Santé a organisé, ce mercredi 21 janvier 2026, une journée d’étude nationale intitulée « Ramadan et santé », tenue à l’hôtel Sofitel. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du lancement d’une campagne nationale de sensibilisation et de prévention destinée à alerter sur les risques sanitaires potentiels liés au jeûne, en particulier pour les personnes atteintes de maladies chroniques. Les travaux ont été présidés par le secrétaire général du ministère de la Santé, M. Mohamed Talhi, en présence du représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Algérie, du secrétaire général de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, d’un représentant du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs, ainsi que de nombreux experts et professionnels de la santé.
Dans son allocution d’ouverture, le secrétaire général a félicité les participants à l’occasion de l’arrivée imminente du mois sacré, soulignant que le Ramadan, au-delà de sa dimension spirituelle et religieuse, constitue également un moment privilégié pour réfléchir à des valeurs humaines fondamentales, au premier rang desquelles figure la préservation de la santé. Il a insisté sur le fait que la pratique du jeûne ne peut être dissociée de la nécessité de protéger sa santé, en particulier pour les personnes vulnérables.
M. Talhi a accordé une attention particulière aux patients atteints de maladies chroniques, rappelant qu’ils représentent une large frange de la population nécessitant un accompagnement spécifique. Les personnes souffrant de diabète, d’hypertension artérielle, de maladies cardiovasculaires, rénales ou respiratoires peuvent être exposées à de réels dangers si le jeûne est observé sans suivi médical rigoureux ou sans adaptation des traitements.
À ce titre, il a réaffirmé que la consultation préalable du médecin traitant est indispensable avant toute décision de jeûner. Seul le professionnel de santé est en mesure d’évaluer l’état clinique du patient, de déterminer si le jeûne peut être pratiqué en toute sécurité, s’il nécessite des ajustements thérapeutiques ou s’il présente un risque avéré pour la santé. Il a également rappelé que le respect de l’avis médical ne contredit en rien la foi ni la récompense spirituelle, mais traduit au contraire un profond respect de la vie humaine, valeur centrale qu’il convient de préserver.
Le secrétaire général a mis en garde contre les risques liés à certaines pathologies, citant notamment le diabète, pour lequel un jeûne mal encadré peut entraîner des hypoglycémies ou des hyperglycémies sévères, la déshydratation et d’autres complications graves. Les patients cardiaques et rénaux sont également exposés à des risques importants en cas de non-respect des recommandations médicales.
Une attention particulière doit également être accordée aux personnes âgées, souvent atteintes de plusieurs maladies chroniques, et plus vulnérables à la fatigue, à la déshydratation et aux complications. Les femmes enceintes ou allaitantes, ainsi que les personnes suivant un traitement médicamenteux régulier, sont également concernées. À ce propos, M. Talhi a souligné que le mois de Ramadan ne doit en aucun cas devenir une source de pression sociale ou de culpabilité, rappelant que la protection de la santé est un devoir, que la maladie constitue une excuse légitime et que la miséricorde est au cœur des enseignements de l’islam.
Il a par ailleurs salué le rôle essentiel des professionnels de santé — médecins, infirmiers, pharmaciens — ainsi que celui des médias et de l’ensemble des acteurs du secteur sanitaire, engagés dans les actions de sensibilisation, de prévention et de suivi durant le mois de Ramadan. Leurs efforts, a-t-il affirmé, méritent une reconnaissance particulière.
Le responsable a également insisté sur l’importance d’adopter un mode de vie sain pendant le mois sacré, à travers une alimentation équilibrée au moment de l’iftar et du s’hour, en évitant les excès en graisses et en sucres, en assurant une hydratation suffisante et en veillant à un repos et un sommeil adéquats, notamment pour les personnes fragiles sur le plan sanitaire.
En conclusion, le secrétaire général a réaffirmé l’engagement des autorités sanitaires à renforcer la prévention, garantir l’accès aux soins, diffuser une information médicale fiable et protéger les catégories les plus exposées aux risques, dans le respect des croyances religieuses et des valeurs culturelles de la société.
De son côté, le représentant de l’Organisation mondiale de la santé en Algérie, le Dr Fanoël Habimana, a souligné que le jeûne peut être pratiqué en toute sécurité à condition que chaque individu tienne compte de ses besoins de santé et respecte les recommandations médicales. Il a insisté sur l’importance du dialogue permanent entre les patients et les professionnels de santé, ainsi que sur la coopération étroite avec les imams et les responsables religieux, afin d’unifier les messages de prévention et de soutenir efficacement les populations les plus vulnérables.
Nora S.
